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dimanche, novembre 27, 2022
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Le rap kamer à la loupe de Nick B : Au nom de la technologie

Inutile de jouer les jaloux. Avec Birth of fire, Sultan Oshimin signe le meilleur clip rap jamais produit au K-mer. Animations 3D réussies, synchro parfaite, rythme accrocheur,…Tout y passe pour la plus grande satisfaction du téléspectateur. Le coup d’essai est un coup de maître. Et même si l’album proprement dit n’est pas d’une grande qualité, l’on est pleinement satisfait des prouesses technologiques du vidéogramme qui l’accompagne.  Le cas Sultan Oshimin n’est pas isolé. Servi par un montage fort abouti, Ak-Sang-Grave détonne de vie et d’énergie dans Come Again. L’insolent génie artistique de Kris Badd s’affiche dans les chorégraphies soignées et les plans affinés de XXXXXX. Le coté tombeur-séducteur de Peet-C est admirablement mis en valeur dans la vidéo de Je parle de ma vie tandis que le «gringo» B-Zy flingue virilement la caméra et ressuscite les valeurs du clip Indoor dans Ma Zik. S-Team met un point d’honneur aux décors et confirme délicieusement son penchant roots dans l’environnement très original de son clip. Dans le cas précis de Affaire de famille, c’est plutôt le format et le «petit» scénario qui attestent de l’effort de construction des auteurs. Le téléspectateur se retrouve loin, très loin des balbutiements et des tâtonnements des années 1990. A regarder de près, le champ de la production vidéo semble celui sur lequel les rappeurs camerounais ont le plus progressé.
C’est forcément réconfortant, plus rassurant aussi, pour ceux qui se souviennent qu’un album est un ensemble complet. Certes, la priorité va aux textes et aux mélodies mais il ne faut négliger ni l’infographie de la pochette, ni la qualité des clips, ni la tenue de scène, ni la chorégraphie. Tous ces éléments devraient s’imbriquer de façon harmonieuse. Faute de quoi la démarche de l’artiste se révèle boiteuse et l’album incohérent sur le plan Marketing. Par le passé, nombre de K-mer rappeurs sont malheureusement tombés dans ce piège : albums denses trahis par des pochettes honteuses, pochettes accrocheuses desservies par des clips approximatifs, clips riches ternis par des chorégraphies ingrates, chorégraphies justes englouties par une tenue de scène bâtarde, etc. A chaque fois, le clash entre contenant et contenu artistiques était criard. 
En exploitant les multiples opportunités offertes par les nouveaux logiciels de traitement d’image ou de son et en s’appuyant sur l’expertise locale, les rappeurs du bled réalisent un bond technologique remarquable. Ce progrès redimensionne la sphère hip hop en marquant visuellement sa différence et sa singularité. Il y a du bon dans l’allure physique des opus Kamer Konnexion, XLM 4 Real  et Dream. Il y a de la créativité iconographique dans les albums de Ra-syn, de Kund’Eyala et de Krotal. Il y a matière à inspiration dans le clip de Sultan Oshimin. Elokk, LeBronx, 2H, Carlos K. et tous ceux dont les albums sont en préparation devraient trouver là des modèles édifiants. La voie de l’excellence camerounaise est toute tracée. Qui refuse de la suivre ?




CODE – Le Rap kamer à la loupe de Nick B : 100% magazine – Août 2006

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