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vendredi, décembre 9, 2022
On Djoss

7th sign : Au Kamer, le talent est mal exploité

Composés de 5 mecs : Keith Feelhip, Charles Jayci, Baby Ahsan, Mack G et Fahoud ; le groupe 7th sign qui voit le en 2000 fait essentiellement dans le R&B. ils chantent en français et anglais. Nous les avons rencontré dans leur studio (avec du très bon matos) sis au quartier anguissa (Yaoundé 4e), ils nous parlent de leur concept musical.


 


Kamerhiphop.com : parlez nous de vos débuts ?


Nous sommes des amis d’enfance. Nous avons grandi dans le quartier Biyem-assi (banlieue de Yaoundé), on jouait ensemble au football, volley…bref on faisait tout ensemble. A l’époque on était des danseurs ; on imitait Michael Jackson. On a eu à participer à des émissions comme Délire, Top Star, Feux d’artifices à la CRTV (cameroon radio and television).


 


En 1996, on intègre une école de musique (African Golden Gate) dans la quelle on apprenait à chanter. C’est en 2000 que le 7th sign voit le jour et on commence à faire du R&B en 2002.


 


Pourquoi est ce qu’il y’a pas de meuf dans votre posee ?


Tu sais, ce n’est pas facile de bosser avec les meufs. La musique a ses contraintes. Tu ne peux pas demander à une meuf de laisser sa famille pendant 3 jours pour aller chanter à Sangmelima par exemple. Nous bossons avec les meufs mais en extra. Tu sais au départ, le 7th sign a été influencé par des groupes comme les BOYS II MEN,  SHAI, ALL 4 ONE, BLACK STREET.


 


Donc le 7th sign, c’est un boyz band ?


Nous, on est un vrai groupe qui s’est formé tout seul. Le boyz band, c’est généralement un groupe qu’on propulse et après on lâche. Non le 7th sign, ce n’est pas du tout cela.


 


La scène hip hop du bled, comment vous la trouvez ?


Il y’a du talent mal exploité. Les promoteurs ne font pas leur boulot. Le niveau en général n’est pas satisfaisant  Il y’a de la ressource humaine, mais…


 


L’astronaute, physicien, informaticien Check Modibo Diarra avait dit « qu’un pays qui a le capital aura toujours besoin de la ressource humaine »  vous partagez son avis ?


Nous pensons que cette ressource humaine doit être exploitée. A Yaoundé, les mécènes imposent alors qu’a Douala, il y’a moins de talents mais les gars ont les mains libres.


 


Alors le procès hip hop Mboa et hip hop pur, qu’est ce que vous en pensez ?


Le hip hop, c’est le hip hop. Quand c’est bon, c’est bon. En fin de compte, lorsqu’il y’a de la percussion bikutsi, makossa, c’est plus tôt de la world musique. . Lors du passage du groupe de rap français « le 113 » en 2005 ici chez nous (Yaoundé), beaucoup de rappeur camer leurs ont remis leur maquette ; après avoir suivi, ils demandent à ses artistes « si vous n’avez pas quelques de hip hop ? ». lors de la conférence de presse du même groupe « 113 » un journaliste posa la question de savoir « ce que le groupe 113 pense du rap et des rappeurs Mboa ? » leur réponse est frustrante mais justifiée « nous demandons aux rappeurs camerounais de faire l’école ». lors du spectacle de Pitt Bacardi au capitole en 2004, un membre du groupe X Malema a voulu reprendre le refrain du morceau « ghetto » (Pitt Bacardi feat Jacky Brown), Pitt lui a fermement dit de déposer le mic, estimant qu’il ne pouvait bien l’interpréter. Il faut faire une musique qui plaira à tout le monde.  le problème n’est pas la langue. Timberland, Baby Face mettent de la percussion africaine dans leurs sons.


  


Que faut il faire pour remédier à cela ?


L’artiste doit être vrai. L’inspiration doit être transcrit comme elle vient. Laissons l’artiste faire son job et atteindre le résultat. Regardez le coupé decalé, il se vent mieux.


 


Est-ce que la promotion du hip hop est assez faite ?


Les promoteurs ne considèrent pas le hip hop. Ils viennent juste pour se faire du fric. Le reste, ce n’est pas leur affaire. A la CMC (cameroon Music Coorporate), on te parle du makossa, du bikutsi… ; ils oublient le hip hop.


 


Qui doit remédier à cela ?


Les animateurs radio et télé essayent de faire bouger les choses. Canal2 à travers canal d’or le hip hop est représenté. Toni Nobody avec Mboa, Tito à STV avec son émission The Break, Nabyl à la RTM (real time music, une FM à Douala), Dexter à la FM 94, Serge Tamba à Radio Siantou. Ils sont nombreux qui se battent pour le hip hop camer. Il y’a aussi vous (le kamerhiphop.com)


 


Et le coté image de l’artiste ?


L’artiste doit vanter son image. C’est un demi dieu, il doit montrer le rêve. Au niveau du spectacle, l’artiste doit être imaginatif. le spectacle c’est artistique. Arrêtons d’improviser.


 


Comment faire pour ramener le public dans des spectacles ?


Au départ, les gens étaient vrais. Dans les années 1998 par exemple avec les soirées « MBITA KOLA » ou bien les soirées rap organisées à African Logik, le rap avait toutes ses valeurs et le public répondait. Il faut présenter le rêve au public. Il est fatigué de voir la même chose, il faut du nouveau.


 


Ne pensez vous pas que les artistes eux même doivent monter leur propre show ?


Nous pensons à cela. Nous allons monter une scène avec du sang neuf. Le concept de l’émission « Avenir » est bon, mais le comité d’organisation n’est pas sélectif. On a l’impression que c’est le niveau du hip hop camer, alors que c’est pas vrai.


 


Ne pensez vous pas qu’il est temps de créer une league des rappeurs ?


Une league ,c’est bien. Mais je pense qu’il y’aura toujours une partie qui va vouloir peser plus sur les autres. Les hommes du métier ont une lourde charge parce que c’est eux qui orientent les organisateurs de spectacles.  


 


Quand inaugurez vous votre label ?


Ce n’est pas encore un label. Mais, c’est en projet. C’est juste un studio 7th sign, mais on est ouvert à tout le monde. Nous travaillons avec beaucoup de groupes. On n’est pas quand même une œuvre sociale.


 


C’est quoi pour vous un label ?


Pour parlez de label, il faut d’abord un studio, un avocat, un journaliste, un siège, budget, un statut juridique… c’est pleins de choses.


 


Quels sont vos projets immédiats ?


 Nous venons de signer un contrat avec une firme allemande « Afrokult Musik » basée dans la ville de Stuttgart. Ils produisent toute sorte musique. Ils managent aussi les français, les allemands, les jamaïcains… On travaille sur notre album qui sera dans les bacs dans les prochains mois. Nous sommes aussi programmés pour un spectacle le 2 juin à l’hôtel hilton. On participera aussi au Camerounian hip hop awards pour le mois de décembre.


 


Comment s’est faite votre rencontre avec le manager ?


Il était de passage dans la ville de yaoundé. Nous lui avions fait suivre notre projet et il a kiffé. Il vit en Allemagne mais nous sommes toujours en contact.


 


Votre mot de fin ?


Peace and love, on est dans les bacs. On arrive. On remercie le site, ça prouve que les choses changent.

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