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samedi, novembre 26, 2022
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Su-man-ja : « DJ Bilik, c’est notre père spirituel »

A Yaoundé, il est très difficile de parler de rap sans penser au groupe SU-MAN-JA (solidarité universelle des momes d’Afrique nés dans la joie et l’amour). Le groupe intègre le label Zomloa Recordz en 2000. constitué de Sumalek, Njoya et Tanguy BFT, Su-Man-Ja est un groupe pas du tout complexé, il nous parle sans complexe. Entretien.


Kamerhiphop.com : alors parlez moi du su-man-ja ?
Au départ, nous formions le groupe cours suprême en 1998. ce groupe était constitué de 4 rappeurs : Sumalek, Njoya, Matkena et Katolog. A l’époque, nous faisions du hardcore. Avec cours suprême, nous avions enregistré des sons dans le studio magix (qui devient Mapane Records).
Le contact avec DJ Bilik s’est fait au Madison (une boite de nuit de Yaoundé). Nous avions été retenu pour la compil M13 qui n’a malheureusement pas vu le jour. Nous intégrons le label zomloa Recordz en 2000 en tant que cours suprême. Le zomloa prone le rap mboa, Katalog et Matkena ne se sentant pas dans ce style de rap quittent le groupe. Njoya et moi (Sumalek), formions alors le Su-manja.
Je suis rappeur et raggaeman (Sumalek) et lui rappeur (Njoya). A la recherche d’un chanteur, nous rencontrons Tanguy lors d’un spectacle. Il appartenait au groupe Juste Cause, il nous rejoint en 2001.


Parlez moi de vos débuts ?
Sumalek : j’ai commencé à rapper en 1993 à Nkongsamba. J’interprétais les textes de Mc Soolar et les Wu Tang Clan. C’est en 1995 que je monte sur Yaoundé et crée mon premier posee Mima-Fouh. Le groupe a existé pendant 6 mois juste.
En 1996, je rencontre Katalog et Mima-Fouh devient Gangster de la rime. Par la suite, nous élargissons le groupe et changeons de nom. A 6 (force tranquille, kris B, Kelba, Melba Katalog et moi), nous formons le parlement des sages. A l’époque, nous faisions des spectacles dans des lycées et collèges de la ville. Une fois de plus, le groupe se disloque et  je continu l’aventure avec mon compagnon de toujours Katalog.
Quelques mois plus tard, nous rencontrons Matkhena qui venait de perdre Dubal (qui avait trouvé du boulot), et Njoya nous a rejoint. A 4 nous formons cours suprême.
Tanguy BFT : j’ai commencé à m’intéresser au hip hop en 1994. je prends goût en 1995, je me rendais compte de l’évolution de ce mouvement naissant. J’étais sous le charme des rappeurs tels que protector, Umar CVM. A l’époque, j’étais rappeur et je fais la connaissance d’Akam avec qui je faisais des free styles. C’est lui qui me donne l’envie de faire du hip hop.
En 1996, je rencontre Bauthi-Z et Duckaal. Avec eux, je forme le groupe Juste Cause. Nous faisons quelques concerts à Afrikan Logic. Des problèmes de leadership m’amène à quitter le posee. Je fais la rencontre du groupe Négrissim qui me propose de faire un feat sur scène.
Pour juger mon niveau, je décide d’enregistrer mon album chez Gasa. Et voila quoi !
Njoya : j’ai commencé à écrire mes textes en 1990. je forme mon premier posee qui s’appelait Martyr. 2 ans plus tard, je décide d’évoluer solo et là je sors un maxi de 2 titres. En 1998, je rejoins cours suprême.


Que pensez vous de la guerre entre rappeurs puristes et rappeurs Mboa ?
Elle ne devrait pas exister. Tu sais man, nous nous battons pour la cause du hip hop kamer.
Nous pensons que chaque groupe devrait avoir son propre concept. Puriste ou pas, le but, c’est l’apogée. Battons nous pour structurer notre hip hop.


Le Cameroun vient d’atteindre le point d’achèvement. Qu’est ce que le groupe su-man-ja peut attendre de l’allégement de cette dette ?
L’état a toujours ignoré la culture dans ce bled. Regarde au Mali, Sénégal, au Gabon le hip hop vit. L’état doit subventionner les artistes.
Je lance un appel à l’endroit des rappeurs « soyons pro » (Sumalek).


Vous considérez vous comme des stars ?
Non ! certes, nous sommes populaire et nous sommes conscients de cela. La starmania peut venir avec le temps.


Que pensez vous du rap kamer ?
Nous sommes meilleurs en afrique. Ce qui nous manque, c’est l’organisation. Le rap évolue mais il manque des ouvertures. Les salles de spectacle nous font défaut. Nous voulons avoir le même statu que les autres artistes du pays.


A quand l’album ?
L’album, c’est pour bientôt. Soyez patient. D’ici la fin de l’année, su-man-ja sera dans les bacs.


Parlez moi de ce bébé
C’est un album de 17 titres. Nous avons invité les groupes du label (les groupes Elokk, Bois d’Ebene et DJ Bilik) et les autres rappeurs du bled ( les groupes AK Sang grave, c-minaire, rage 2 z de ville et sultan). Dans cet album, nous prônons la paix, nous essayons aussi d’être vrai. Nous prônons le positif et niquons le négatif.


Comment se passe votre collaboration avec DJ Bilik ?
C’est notre père spirituel. C’est grâce à lui que nous sommes ce que nous sommes.


Quels sont les problèmes que vous rencontrez ?
Sumalek
et moi (Tanguy) sommes orphelin de mère. Psychologiquement, c’est pas facile. Sinon, les blêmes ne manquent pas. Entre MC’S, il y’a parfois des rivalités qui n’ont pas de sens. Les organisateurs des spectacles ne payent pas assez les artistes…


C’est quoi votre style ?
Notre style, il est hétérogène. Nous sommes entre « Mboa » » et «  »puristes » » histoire de satisfaire tout le monde.

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