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vendredi, décembre 9, 2022
On Djoss

Djabbar : « La hiérarchie du rap kamer prendra un sérieux coup »

Il est incontestablement l’âme du hip hop dans le North Side. Pas facile d’être musulman et faire du hip hop. Et Djabbar AKA The Heavy Weight Champion est dans ce milieu depuis pratiquement 16 ans. Leader du groupe k-yeefi (lauréat du concours Nescafé African Révolution édition 2003), il nous parle du combat qu’il mène pour le hip hop de ce coté du pays, de sa vision du rap Kamer, de son album (the kick off) et de l’album de son posee (rap yahatako). Une interview vérité !


Kamerhiphop.com : Que signifie k-yeefi ?
k-yeefi
signifie en fulfuldé « Miracle », tu vas me demander pourquoi miracle ? tout simplement parce que nous venons du north kamer et lorsque tu dis à un man du south (Yaoundé – douala) que tu fais du hip hop et que tu viens de ce coté du pays, ils sont surpris. Pour ceux qui ne savent pas, le groupe existe depuis septembre 2002.


C’est un groupe ou un collectif ?
Au départ, je m’étais dit que l’union faisait la force. J’ai invité mes petits frères qui font du hip hop à me rejoindre dans mon projet. Une dizaine de rappeurs et groupes ont répondu à mon appel. Je peux citer comme ça les groupes la tribu, Apocalypse, graden’s, jaral toké ; les rappeurs Atomiks, kool rasyn black, Dadel suprême…


Qu’est ce qui s’est passé en suite ?
Pendant 2 ans, tout se passait bien. Nous avions remporté plusieurs concours, nous avions participé en 2003 au  NAR (Nescafé African Révolution), nous avons été classé premier à Yaoundé lors des demi finales et deuxième à Douala lors de la finale.
Ce petit succès à amené Certaines chanteuses du kollectif  à prendre la grosse tête. Elles arrivaient aux répétitions en retard, elles jouaient aux stars alors qu’elles n’étaient rien. « Je les ai fabriqué de toutes pièces, elles ont voulu monté sur ma tête et je les ai viré ». Cet incident m’a fait réfléchir et j’ai changé de stratégie. J’ai transformé le collectif en groupe. Nous sommes aujourd’hui  cinq : Princess Kdidja, Van’s, K-der Yodi, Sialem et Moi.


Mais toi avant le collectif, tu rappais déjà non ?
Tu rigoles man ! je fais du hip hop depuis mon tendre enfance. Déjà en 1994, j’ai crée avec mes potes (Brown aka Saliftao, Ice J et Idalgo aka Idrissou) le LBC (leader’s of black conscience) qui est devenu par la suite V.I.P Crew. J’ai contribué au développement de ce mouvement. Le rap est musique urbaine man. Je fais parti des ténors de ce hip hop.


Depuis 2003 avec le NAR, on n’entend plus parler de k-yeefi, alors qu’est ce qui se passe ?
Les maigres concours qui sont organisés au pays, ce n’est qu’à Douala et Yaoundé. C’est comme si le kamer, c’est seulement ces 2 villes.
On nous parle des awards, mais personne n’est jamais venu voir ce qui se passe par ici. Ils ont besoin de nous pour crédibiliser leurs mouvements. Comme disait l’ancien chancelier allemand helmut kohl : « si j’ai été chancelier pendant beaucoup de mandat, c’est parce que mes adversaires m’ont négligé ». 
Nous continuons dans l’ombre. Mon album est prêt et l’album du K-yeefi pourra suivre.


Alors parle moi de ces 2 bébés
Mon album s’intitule « The Kick off » c’est-à-dire le coup d’envoi. Pour quoi coup d’envoi ? tout simplement parce que c’est le début d’une grande carrière. C’est un album qui fera parler de lui. La hiérarchie du rap kamer prendra un sérieux coup.
L’album du k-yeefi s’intitule « Rap Yahatako » traduction littéraire, le rap se porte très mal. Ce sont 2 albums de 12 titres chacun. Une partie du travail a été fait au pays et le reste à Lagos dans le studio Alaba Production.  


Pourquoi le Nigeria ?
La qualité du son au Nigeria est meilleure. Je ne veux pas rentrer dans les détails, mais le Nigeria est un grand pays du hip hop.


k-yeefi rap en fulfuldé, alors est ce facile de rapper en dialecte ?
Tu sais, je rap en anglais et en fulfuldé. Mais pour revenir à ta question, je maîtrise parfaitement le fulfuldé (c’est ma langue). Je voudrai aussi montrer au gars du Mboa que le moment est venu de compter avec le hip hop du north side. Je leur réserve une grande surprise.


Dans région réputée traditionnelle et religieuse (musulmane), ou l’artiste est considéré comme « un griot ». alors comment t’a fait pour tenir aussi longtemps. ?
Je suis la pour l’amour du hip hop. Ça n’a pas été facile, mais mes bons résultats  scolaires ont amené mes parents à céder.


Ton mot de fin ?
Que les kamers se préparent à accueillir « The kick off » et « rap yahatako ». 2 albums real hip hop. Avec notre style « le saheloganster », ça va cartonné grave. Les hippopeurs du kamer d’en bas prendront ce mouvement en otage
Vous allez tous adorer. Ah ! j’allais oublier, big up au site. Il fait la fierté du bled à l’étranger. Je vous souhaite pleins de courage.

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