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samedi, décembre 3, 2022
On Djoss

Moonkutchoo : « Le groupe Pacificator a plagié notre son… »

Suite à l’interview que nous avions accordée au Pacificator (http://www.kamerhiphop.com/index.php?link=itw_r&id=96), groupe camerounais basé à Libreville, le groupe Moon Kut Choo (composé de Sull Jah, Bambou et Mopo, ndrl) apporte son droit de réponse, en ce qui concerne les sons « une Go comme ça » et « une meuf comme ça ». Pour le Moon, « nous avons chanté cette chanson pour la première fois en 1998,… En plus nous pouvons prendre à témoin les organisateurs de spectacle comme HANS MBONG de COULEURS URBAINES, les animateurs radio comme SERGE TAMBA, ALAIN DEXTER, NADINE PATRICIA et des groupes de rap du Cameroun ayant exercé depuis les années 98 à nos jours comme NEGRISSIM… ». Pour le Pacificator « le plagiait ne se limite pas au refrain… ». Lisez l’interview, écoutez les 2 sons et …


Kamerhiphop.com : bonjour Moon, il y’a de cela quelques mois, vous nous avez adressé un mail dans le quel vous nous avez demandé de retirer de notre playlist le son intitulé « une go comme ça » du groupe pacificator. Vous nous confirmez que c’est votre son et qu’il a été plagié ?
Bonjour kamerhiphop et toute l’équipe qui bosse derrière comme des fous afin que le Hip Hop Kamer soit reconnu internationalement, d’ailleurs nous profitons de l’occaz qui nous a été accordé pour vous tirer un coup de chapeau pour le boulot que vous faites car grâce à ce travail abattu mine de rien le hip hop Kamer s’exporte et permet à nous autres qui sont restés au Mboa d’être au courant de ce que les rappeurs Kamer font à l’extérieur, d’une part et d’autre part ce site nous met au courant de ce qui se passe au Cameroun dans le milieu Hip Hop C’est d’ailleurs par cette tribune qu’est kamerhiphop que nous avons été au courant qu’un groupe de rap  basé à Libreville pour la plupart de nationalité camerounaise a copié un de nos sons MEUF KOMSA.
C’est donc pour taire tout ce qui a été dit par ce groupe sur nous, sur la paternité du son et aussi par rapport à l’actu du MOON que nous avons accepté de vous accorder cette interview.
Nous confirmons  par ailleurs que le son MEUF KOMSA est une propriété exclusive du groupe MOONKUTCHOO  et qu’il bénéficie d’une protection. Faut dire que MEUF KOMSA est un son qu’on a composé dans les années 98 et nous avons tourné avec ce son pendant plus de 5ans dans pas mal de ville camerounaise (Douala, Limbé, Ebolowa, Kribi, Garoua, Bafoussam, Mbalmayo, Obala, Bamenda, Buea, Dschang…). Pour la petite histoire c’est ce son qui nous a révélé au public Camerounais. Ce n’est pas parce que nous avons décidé de nous retirer de la scène rapologique pour préparer notre album qu’un pseudo groupe va profiter pour nous substituer notre son.


Avez-vous des preuves de ce que vous dites ?
Cette question soulève plusieurs aspects et appelle à beaucoup de maîtrise juridique et une connaissance poussée dans le domaine du droit d’auteur, de la propriété intellectuelle et industrielle. C’est pourquoi nous allons laisser notre expert en droit SULLJAH (membre du groupe, ndrl) répondre.
Dans un premier temps je vais vous entretenir de manière explicite et claire sur la notion de plagiat et les concepts qui l’entourent ensuite vous démontrer que l’œuvre Meuf Komsa nous appartenant a été bel et bien contrefait et vous donnez quelques preuves. Le plagiat suivant la conception générale, tel que défini dans la plupart des dictionnaires et encyclopédies notamment l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert (1757) et le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse (1874) : est le fait de copier, piquer, s’approprier, pirater, contrefaire, voler ou reproduire les idées de quelqu’un d’autre.
Sur un plan purement technique c’est le fait de reproduire, imité, copié partiellement ou totalement les idées, les passages de l’œuvre d’autrui. En d’autres termes c’est le fait de reproduire un élément d’une œuvre dont on n’est pas l’auteur ou alors l’ensemble des éléments de cette œuvre et déclarer qu’on en est l’auteur, ou alors réclamer la paternité.
Le plagiat est un terme à connotation morale et esthétique, par lequel on désigne en littérature le fait qu’un texte reprend, de façon non avouée et plus ou moins fidèlement, un élément textuel provenant d’un autre auteur. En d’autre termes comme disait Sénèque dans son œuvre Lettres : « tout ce qui a été bien dit par quelqu’un est mien« .
En droit français comme en droit camerounais et suivant les textes en vigueur du moins ceux régissant le droit d’auteur, la propriété intellectuelle et la propriété industrielle notamment la loi Camerounaise du 10 août 1990 relative au droit auteur et aux droit voisins du droit auteur abrogeant la loi n° 82/18 du 26 novembre 1982 et le code de propriété intellectuelle Français, le plagiat est interprété comme un cas particulier de contrefaçon.
Le code de propriété intellectuelle en son article 335-2 et suivant dispose que: « c’est tout d’édition d’écrits, de composition musicale, de dessin, de peinture ou de toute autre production imprimée ou gravée en entier ou en partie au mépris des lois et règlements relatifs à la propriété des auteurs ». En d’autres termes suivant l’article 28 alinéas 1 de la loi Camerounaise du 10 août 1990 « l’exploitation de l’œuvre par une personne autre que son auteur ne peut avoir lieu sans l’autorisation préalable formelle et écrite de ce dernier de ses ayants droits ou ayants cause ». Cela veulent dire que le plagiat est l’usage non autorisé d’une œuvre.
Certains auteurs sont allés plus loin en disant que c’est une reproduction illicite de l’oeuvre d’autrui accompagné d’une attribution trompeuse de paternité comme ça été le cas dans l’affaire opposant MICHAEL JACKSON à MANU DIBANGO sur le titre « Wanna be starting something », extrait de l’album Thriller  où Michael avait copier des bouts de musique et repris des paroles de la chanson Soul makossa de MANU sans déclarer que c’est ce dernier qui était l’auteur. Au final
Les tribunaux ont donné gain de cause à Manu Dibango au motif qu’un plagiat n’est pas seulement le fait de reproduire totalement une chanson ou une œuvre mais aussi de reproduire des bouts, des éléments de cette œuvre, de cette chanson dans son travail.
En outre il convient de signaler que cet acte en droit est un délit et fait l’objet de sanctions pénales et civiles. Pénalement le plagiat c’est de la contrefaçon et suivant l’article 83 alinéa 1 de la loi de 1990 : « La contrefaçon sur le territoire Camerounais des œuvres protégés, publiées au Cameroun ou à l’étranger est punie d’un emprisonnement de trois mois à 2 ans et d’une amende de 250.000 à 500.000 Fcfa ou de l’une de ces deux peines ».
Civilement c’est une atteinte à la propriété d’autrui qui épouse généralement le caractère d’usurpation de titre, l’usurpation est passible d’une action en justice pour dommages et intérêts car cette action (le plagiat) dans la plupart des cas cause un préjudice au propriétaire de l’œuvre contrefaite, copié ou reproduite. C’est-à-dire que le copieur peut du fait de sa copie bénéficié des droits qui normalement appartiennent au propriétaire originel. C’est dans ce sens que l’article 1382 et 1383 du code civil disposent que : « Tout fait quelconque de l’homme qui cause un dommage à autrui oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer » ; « Chacun est responsable du dommage qu’il cause non seulement par son propre fait, mais encore par sa négligence ou par son imprudence »
Maintenant parlant de preuves il est important de vous dire à partir des explications données plus haut que ce groupe à copié des éléments textuels de notre son à savoir le refrain d’une manière identique et même le titre qui la plupart du temps sert au développement de l’idée générale de l’œuvre ou alors si vous voulez du morceau. Aussi ce titre a été composé il y’a 10 ans, mise sur bande en 2001et fait l’objet de prestation scénique pendant plus de 5 ans (1998-2003). Il est important de noter comme stipule la loi de 1990 sur le droit auteur en son article 5 alinéas 3 que « l’œuvre est réputée créée, indépendamment de toute divulgation publique du seul fait de sa réalisation, même inachevée de la conception de l’auteur. Cela veut dire que même si  notre  titre n’a pas encore été publié c’est-à-dire éditer, mise en vente nous sommes les auteurs et suivant l’article premier  de la loi sus citée « Les auteurs des œuvres littéraires, artistiques, scientifique jouissent sur celle-ci, du seul fait de leur création d’un droit de propriété incorporel, exclusif et opposable à tous dit « droit d’auteur » dont la protection est organisé par la présente loi »
En plus nous pouvons prendre à témoin les organisateurs de spectacle comme HANS MBONG de COULEURS URBAINES, les animateurs radio comme SERGE TAMBA, ALAIN DEXTER, NADINE PATRICIA et des groupes de rap du Cameroun ayant exercé depuis les années 98 à nos jours comme NEGRISSIM par exemple basé actuellement au Sénégal, nous sommes passé avec ce son en première partie lors de la sortie de leur album à African Logik en 2000.Sans oublier SULTAN OSHIMIHN qui est le père fondateur du MOON car c’est grâce à lui que nous avons maîtrisé l’art de la dialectique  et il a été notre directeur artistique depuis lors et continu à l’être malgré ses multiples occupations


Dans une interview qu’ils nous ont accordé, un membre du pacificator disait je cite : «
Est-ce qu’un plagiat peut se limiter sur la vibe d’un refrain ?  Aucun membre du Pacificator n’a jamais écouté le titre « Meuf kom sa »… au bled on ne connaissait pas les gars du Moon… nous n’avons pas plagié leur son…aucun couplet de meuf kom sa ne ressemblerai ni à celui de Ziam ou de Mister Free… » Un commentaire ?
Vous êtes d’accord avec nous que la réponse à la question : « est ce qu’un plagiat peut se limiter sur la vibe d’un refrain ? » se trouve dans les explications et définitions qu’on a apporté plus haut. Mais cependant n’empêche, on peut se répéter car on se rend compte qu’on a affaire à des personnes ignorantes de fait qui ne maîtrisent pas ce qu’ils racontent et l’ampleur d’un tel acte. Le plagiat tel que défini par les dictionnaires, les jurisprudences, le droit et les textes régissant le domaine est le fait de copier partiellement (c’est-à-dire certains éléments) ou totalement (l’ensemble des éléments) d’une œuvre ou d’un morceau qui ne nous appartient pas et déclarer qu’on est l’auteur. Et dans le cas en cause il se trouve que non seulement le refrain a été identiquement copié et imiter et le titre permettant le développement de l’idée générale repris d’une manière littérale qui est d’ailleurs un aspect important que les tribunaux prennent en compte lors d’une instance pour déclarer qu’une œuvre est contrefaite ou copier et dans un tel contexte il est évident et claire que le plagiat est établi.
Par ailleurs le commentaire qu’on peut apporter à leur faribole est un triste et déplorable constat car ces gars qui disent ne pas connaître les membres du MOON sont pour la plupart des Kamer qui ont vécu au Kamer, étaient des fanas de hip-hop et pire encore les personnes ressources d’un site faisant la promotion du hip-hop du bled qui s’appelait KAMERUNEGRE cela veut dire qu’ils prospectaient. Pour la petite histoire nous avons encore dans notre boîte email un courriel que ces gars nous avaient envoyé nous demandant de leurs envoyer notre biographie si possible une copie d’un de nos sons ; heureusement pour nous on ne l’a pas fait, qui sait peut-être  qu’ils auraient repris ça et clamer tout haut que c’est un de leur son. Donc qu’ils soient des rappeurs(challengeurs,guerriers,soldats) et non des tapettes(copistes,surfeurs), dans leurs prospections ils ont sûrement assisté à un de nos multiples concerts (1998-2006) où on était l’une des têtes d’affiche, et ont sûrement écouté le morceaux MEUF COMME CA qui était dans notre playlist tournée, c’était le morceaux en concert où le public accrochait à la première écoute et répétait en boucle le refrain jusqu’à demander de refaire le son à chaque fois qu’on le rappait. Dans un cadre purement relationnel et professionnel nous affirmons que Sulljah étais très souvent en contact téléphonique avec Ziam lorsqu’il était parti de Douala pour Etoudi (Yaoundé) et que plus d’une fois ils se sont rencontrés soit pour parler de leur site ou alors de l’actualité du MOON et ce dernier assistait très souvent au FRIDAY SOUND SYSTEM qui était des scènes ouvertes qu’on organisait entre 2003 et 2004 au MANEGE de Yaoundé avec MOUSSA et PHEN et lors de ces shows il arrivait que le MOONKUT monte sur scène pour faire cette chanson. Bref ces gars ont copié notre son, c’est trop triste pour des gars qui se disent rappeurs car le rap ou le hip-hop à la base est un challenge chaque rappeur voudrait toujours rivaliser avec l’autre, défier l’autre c’est à dire apporter quelque chose de nouveau à ce qu’a fait l’autre et non le copier totalement. Cependant le problème ici est celui de savoir pourquoi ils ont fait ce son au Gabon et non au Cameroun, ils se sont découvert la qualité de rappeur une fois au Gabon ? Or ces gars disent rapper depuis le Kamer. Que des tapettes une fois de plus dans le biz !!!


Et s’il arrive que les 2 sons se ressemblent, comment jusque là savoir qui a chanté le premier? Votre son est il protégé au niveau de l’organe qui gère les droits d’auteurs ?
Les deux sons se ressemblent, écoutez attentivement les refrains. Mr Idy un peu de logique ce son on l’a écrit en1998 comme on l’a dit plus haut et chanté en spectacle pour la première fois en fin 99 lors d’un show au Centre Culturel Camerounais qui réunissait toutes la fine crème du hip-hop de l’époque entre autre des gars comme PROOH THEK THOOR, RA-SYN, JOEL TEEK, MALEKUM FU, BACHIROO, ŒIL DE FAUCON, KROTAL, MAGMA FUSION, AK SANG GRAVE, FORCE A4, ETAT D’URJAANS, NEGRISSIM, BOUDOR et bien d’autres qui peuvent être des témoins privilégiés dans la défense de notre droit de propriétaire lorsque le litige sera porté devant les juridictions compétentes, donc convenez avec nous que la question de qui a chanté en premier n’a pas lieu d’être au vu de ce qu’on vient de dire et aussi ces gars reconnaissent en nous dans l’interview qu’ils vous ont accordé la qualité de précurseur de cet art au Cameroun et en Afrique. Par ailleurs faut dire que le son MEUF KOMSA du MOONKUTCHOO a été déclarée à la Cameroon Music Coopération (CMC) organe gérant les droits auteurs au Cameroun et à ce sujet la loi de 1990 est assez claire en son article 12 alinéa 1  « La déclaration d’une œuvre à l’organisme professionnel de droit d’auteur constitue une présomption de paternité au bénéfice de l’auteur sous le nom duquel cette œuvre a  été déclarée »


Ils ont souhaité une confrontation sur le site, que les internautes écoutent les deux sons et donnent leur point de vue. Le souhaitez-vous également ?
La confrontation ce n’est pas notre trippe ici car à coup sûr le débat ici sera faussé il s’agit pour nous de prouver que nous sommes les auteurs et créateurs du son MEUF KOMSA et qu’il a été plagié. Donc ce qu’on fera c’est de mettre le son en écoute pour un certain temps car les contraintes communication du fait de la sortie de notre album ne nous permettent pas d’aller au-delà. Enfin il ne sera pas question d’un clash ou d’un vote ouvert aux internautes mais plus question de leur démontrer que notre son a été plagié. 


Leur maxi est sorti (inclus le son une go comme ça) au Gabon et il sera distribué au bled. Alors que comptez-vous faire ?
Nous disons à cette bande de branleurs que pendant qu’il est encore temps qu’ils abandonnent ce son, parce qu’ils savent au plus profond d’eux même que ce son nous appartient. S’ils persistent dans leur supercherie nous utiliserons la voie légale nous saisirons la CMC comme le stipule l’article 88 alinéa 1 de la loi de 1990 sur le droit d’auteur qui dispose que  « Les personnes physique ou morales,ou leurs ayants droit ou ayants cause titulaires des droits visés par la présente loi peuvent, par l’intermédiaire de l’organisme professionnel du droit d’auteur ou non, lorsque leurs droits sont violés ou sont menacés de l’être, requérir un officier de police judiciaire ou un huissier de justice pour constater les infractions et au besoin, saisir les exemplaires constituant une reproduction illicite ou le matériel devant servir à une représentation ou exécution publique illicite ».
Et le moment opportun nous les attaquerons en justice avec constitution en partie civile et de ce fait le président du tribunal saisi pourra comme le précise la loi de 1990 en son article 88 alinéas 3
Par ordonnance sur requête autoriser :


1) La suspension de toute fabrication en cours tendant à la reproduction illicite d’une œuvre
2) La saisie même en dehors des heures légales des exemplaires constituant une reproduction illicite d’une œuvre ou des recettes réalisées
3) La saisie des recettes provenant de toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit d’une œuvre de l’esprit effectué en violation des droits de l’auteur » 
 
Comment comptez-vous régler ce différent ?
Beuh comme on a dit plus haut mais nous tenons néanmoins à dire que c’est très grave de constater de nos jours que les vrais n’existent plus c’est à dire des rappeurs dignes de ce nom des gars qui aimaient le challenge la compétition si oui des tapettes, des gars qui n’ont pas des yecous(couilles) qui se servent du travail des autres pour s’illustrer et se faire un nom, surtout qu’ils ne perdent de vue que  MOONKUTCHOO signifie littéralement en dialecte Bangangté « je vais te couper la tête », que le rap vient de la rue, que nous sommes les dignes représentants du STREETLY HIP-HOP, que nous sommes des rappeurs violents de la rue depuis des lustres notre casier judiciaire n’est pas clean (coup et blessures volontaires, outrage à fonctionnaire pour ne citer que cela).
 C’est vrai que nul n’a le droit de se faire justice soit même mais nous fonctionnons dans un monde qui fonctionne mal, c’est presque l’Ere de  nature et non celui du contrat social de Jean Jacques ROUSSEAU et la propriété est un droit naturelle et non un droit institué donc qu’importe la manière nous avons le droit  de le défendre. Enfin on usera de tous les moyens légaux prévus et à découvrir afin que notre droit de propriétaire ne soit point violé


Depuis la compile au pays de kush sortie en 2002, on n’entend plus parler de vous, alors qu’est ce que vous devenez ?
Notre séjour à Zomloa s’est soldé par un échec, nous sommes quittés pour deux raisons principales la première et celle qui nous a le plus motivé est l’artistique (nous pensons carrière et non être des stars) et la seconde la plus affligeante et poignante est un abus de confiance, en effet nous avons eu près de 3.000 000 Fcfa destiné à la production de notre album qui si tout se passait bien devait sortir en 2003. Mais le responsable de cette structure  a détourné ces fonds pour un usage personnel et pendant près de trois ans c’était pas évident pour nous de tourner aussi facilement la page surtout que ces fonds ont été alloué par nos parents qui avaient dés lors gardés une sale image du hip hop (c’est un milieu de voyous et de racailles) Fallait à nouveau gagner leur confiance, c’est fait car dans un premier temps nous avons mis un accent sur les études, dans le Moon aujourd’hui le minimum est la Maîtrise en terme de diplôme et nous profitons de cette occasions pour dire à tous ces gens qui pensent que le rap est une affaire de ratés, de personnes que l’école a dépassé que nous sommes l’exception à la règle car si nous rappons jusqu’ aujourd’hui c’est beaucoup plus parce que le hip-hop est encré dans nos veines. Fort de ce malheur nous n’avons pas baissé les bras car « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » avec le soutien de Phen et Mr Dieudoné Noumbissi responsable de la structure Malaboka International nous avons enregistré un album de 14 titres, dernièrement avec l’appui de notre pote Tsamaric Edmond First responsable de la structure FIRST PROD qui organise l’évènement MENDONG TU PEUX PAS TEST nous avons tourné le clip du titre  « c’est fou ».Cependant et malheureusement nous avons arrêté les concerts pour préparer notre album car le tout c’est pas les spectacles l’album est une carte d’identité musicale mais aussi parce que le MOONKUT a été mal reçu dans beaucoup de spectacle (tracasseries, mauvais traitements, non payement de cachets…) Tout cela nous a traumatisé, et voila qu’en plus on nous vole un son. Comme l’œuvre de l’esprit ne meurt pas, MOONKUT ses jours ci au mixage et mastering de son  album. Nous avons fait exceptionnellement un dernier concert en juin 2006 la première partie de La Fouine et J-RO, nous sommes passé à Douala et à Yaoundé mais une fois de plus dans des conditions déplorables. Nous profitons de l’occase pour appeler les organisateurs des spectacles au respect de l’artiste, le cachet de l’artiste est une motivation pour encourager le talent de ce dernier. Organiser un spectacle c’est assurer la promo, la sono et il faut mettre les artistes à l’aise. Sinon à quoi bon faire un spectacle pour animer la galerie et rentrer les poches vides ? La plupart d’entre nous se font lyncher par la famille avec raison parce qu’ils disent que comme la cigale on chante dans des concerts la nuit et on ne rapporte jamais rien.


Sull Jah et Mo’po habitent Yaoundé et Bambou à Douala, vous arrivez à travailler comment ?
Pour la petite histoire sachez que Bamboo a toujours résidé à Douala et c’est depuis 1997 que nous avons commencé à travailler ensemble sous l’impulsion du KING SULTAN OSHIMIHN père fondateur du MOON. Dans le groupe Bamboo s’occupe du volet artistique et fait une formation de Dee Jay dans cette ville et aussi des affaires. Nous avons comme tous les groupes une technique de travail qui nous est propre. Ceux qui nous connaissent sur scène n’ont jamais su que l’un est à Douala et les autres à Yaoundé, ne vous inquiétez pas pour l’artistique du groupe nous y veillons. Sachez aussi que le travail dans un groupe est d’abord individuel et après les énergies et la symbiose entre en action. Tous les mois, nous multiplions les rencontres entre nous et quand nous nous retrouvons c’est comme si de rien était. Vous allez nous revoir sur scène avec notre album et l’avenir nous donnera raison. Si vous tenez à voir le MOON sur scène sachez que nous organisons constamment des concerts à Mendong : MENDONG TU PEUX PAS TEST.


A quand l’album ?
Un album de rap ce n’est pas seulement mettre un CD dehors faut mettre sur pied des stratégies de vente, de distribution, de promotion et de communication. Notre voeux est de savoir que notre album est écouté dans le Cameroun profond, qu’il ne soit pas réservé aux villes pilotes que sont Douala et Yaoundé et dans une large mesure Bafoussam, Garoua, Kribi et Limbé. MOON a toujours refusé de sortir comme « des bleus », on voudrait que notre album soit un classique du hip-hop Kamer. Ne vous inquiétez pas avant la fin d’année MOON sera dehors. Nous nous réservons sur la date de sortie, sachez qu’en dehors de tous ceux qui nous ont vus sur scène, il y a l’attente de tout un arrondissement (Ydé VI) et surtout d’un quartier que nous ne décevrons pas : MENDONG CITY et ses environs. Que nos fans prennent leur mal en patience « de l’amour à la haine » sera bientôt dans les bacs


De quoi parlez-vous dans vos textes ?
Nous parlons pour la plus grande partie de la société à laquelle nous nous identifions en tant que jeunes Camerounais. Nous vivons tous dans un microcosme formé par le système et les méfaits de la mondialisation, dans un processus de socialisation nous sommes modelés à l’image de la société. En tant que poète du XXI ème siècle, nous avons notre technique propre d’aborder les textes. Par exemple un son comme MEUF KOMSA est un appel que l’on lance à l’endroit des parents qui ont toujours tendance à vouloir imposer à leur progéniture un style précis de meuf qu’ils devront épouser, c’est aussi une lutte contre le tribalisme car si vous ne le savez pas au Cameroun il y’a encore des parents qui s’oppose de manière farouche à l’union de leur fils avec une fille qui n’est pas ressortissante de leur tribu. D’aucun seraient emmené à se dire que c’est de la pornographie mais ce n’est pas le cas.
 Nous avons aussi un son qu’on appelle « Ma femme a divorcé » inconnu du public parce que  pacificator l’aurait aussi plagié, dans ce titre très amusant il est question d’une meuf qui se barre en emportant tout avec elle et abandonnant le mari avec les gosses.
Bref nous sommes un groupe très éclectique dans nos écrits par exemple dans notre album nous avons fait un somptueux mélange entre des sons dit underground et des sons de salon. En définitive nous sommes des puristes avertis car comme disait LUNATIC « on possède la rage avant la sagesse »  


Votre mot de fin ?
Que dieu tout puissant continu à nous garder uni et soudé qu’il nous accorde sa bénédiction afin que cet album sorte, il est au contrôle de tout nous sommes ces instruments.
A nos détracteurs qu’ils continus leur émulation, c’est grâce a eux que nous avons pu avoir la rage de continuer et matérialiser cet album. A nos fans gardent leur mal en patience MOONKUT n’est pas mort
En fin pour les internautes cette citation d’un auteur Français: « Aime comme si jour tu pourrais haïr, hais comme si un jour tu pourrais aimer ». Peace.



Le Son de MoonKutchoo – Une meuf Kom sa :


Le son de Pacificator – Une go comme ça :

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