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samedi, décembre 3, 2022
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Rap conteurs 2 : Le rap se conte à YA-FE 2008

En créant le concept des rap-conteurs, Blick Bassy, ex membre de Macase, avait en cœur de faire valoir des talents du hip hop Camerounais, exerçant sur des thématiques accessibles au commun de la jeunesse. La première génération a scandé « Je wanda » en compagnie de Krotal, Bantou Posse, Big B-ZY et Danielle Eog. Ces derniers, précédés par One love, ont assuré la première partie du show de ce dimanche 28 décembre au boulevard du 20 mai 1978, au Festival Yaoundé en fête. Un spectacle hip hop tout en live, avec des musiciens et des choristes, on commence à s’y faire au Cameroun. Krotal a semblé exceller dans cet exercice, aidé il est vrai, par ses amis du groupe Macase, maîtrisant bien son répertoire.


Du son, de la lumière, de l’innovation pour la deuxième génération des rap-conteurs, devenus raconteurs de musique. La jeune Viany aux intonations Eton a fait plaisir à Queen Etémé et Hélène Faussart des Nubians, toutes deux de retour du Fenac à Maroua. Queen Etémé a d’ailleurs martelé : « Je viens encourager la génération montante, et même si je ne suis pas programmée, mon devoir est d’être ici. ». Hélène Faussart quant à elle se dit « prête à venir au prochain YA-FE, pourquoi pas ? » En attendant, c’est Koppo qui a manifestement démontré le Sassayé, extrait de son deuxième album toujours attendu, en passant en revue tous les couplets de son premier album sous l’unique refrain du tube, Si tu vois ma go.
 
La force du Ya-Fé étant le public, Koppo et Sultan Oshiminh n´ont pas déçu ce dernier. Oshiminh s’est d’ailleurs auto-proclamé roi, retrouvant ses racines royales volées par le « babylone occidental ». Tout un concept qui semble conscientiser les milliers de jeunes présents. Ecoutant ce chantre du reggae camerounais, demander le feu pour « éclairer Tsimi Evouna, le feu pour brûler Odong Ndong ou encore Olanguena et tous les corrompus de la république » Des paroles et une musique puissantes, ayant un effet électrique sur un public, visiblement acquis à la cause du chanteur, surtout lorsque ce dernier entonne : Quelle école, pour clôturer sa scène.
 
Sultan OshimihnLe spectre de Sultan Oshiminh continuera de briller lorsqu’il entamera ses mesures sur le Nyanga Nyanga, tube des rap conteurs, 2ème génération. La petite déception viendra de Ak Sang Grave qui chantera sans Dar X, qui  a démissionné du groupe, et dont le couplet a été remplacé par une séquence battle de deux jeunes filles déchaînées et hystérisées par la scène de YA-FE. Le public remarquera au passage aussi que l´ingénieur de son avait du mal à ressortir la véritable voix de Viany, qui était pratiquement inaudible, et que la présentation a été assurée par un duo pas du tout habitué en la matière, à la grande déception de Tito de Stv et Alain Dexter de CRTV. Malgré ces petits couacs, la marque Yellow a encore marqué des points. D’abord, l’exploit de mobiliser ce nombreux public un dimanche soir, au lendemain d’un éclatant concert de Richard Bona, ensuite, le pari de diversifier un plateau hip hop à la sauce locale et ethno world.


Patricia Bowen, alias Panie, gestionnaire des plateaux hip hop a sa petite explication à cela : « Il faut faire une playlist, recenser pas mal d’artistes, trier, demander les avis d’autres personnes, privilégier la qualité de la scène à l’ancienneté des artistes. Voilà ce qui fait le succès d’un festival comme YA-FE ». Son compère Jean Laurent Nkembé alias Ajajo ajoutera que : « Faire du hip hop ce n’est qu’une variante de la musique en termes de répertoires et de styles. Ce sont des rappeurs, mais c’est à leur avantage d´approfondir toutes les facettes du métier ». Cela dit, la culture du live hip hop a encore de beaux jours devant elle, à condition que chacun joue sa partition et que chacun fasse son Nyanga Nyanga.

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