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jeudi, décembre 8, 2022
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hip hop : On attend l’album, l’album ne vient pas

Le rap au Cameroun, est en train de suive la pente inverse de l’évolution musicale.
Les rappeurs sont certes bien inspirés, nantis  des meilleurs diplômes, mais pèchent par un amateurisme qui friserait l’inculture. Les rappeurs au Cameroun, sont de très bons savants, et comme ce nom en dit long, ils se retrouvent en train de vouloir tout faire eux même. Ils sont omnipotents, ils sont même dotés du don du démiurge, qui leur donne l’opportunité d’être partout au même moment. Pour pasticher Booba, ils veulent à la fois, écrire, produire, être chauffeurs et livreurs. Ils veulent être derrière la camera et se filmer en même temps. Ils sont eux même leurs communicateurs, leurs pages facebook est devenu leur « myspace », leur « blog ». Le problème c’est qu’ils vont continuer à traiter les autres artistes issus d’autres genres musicaux, de tous les mots. Tantôt qu’ils n’ont pas fait d’école, tantôt qu’ils racontent des âneries dans leurs chansons, et que c’est eux qui sont au devant de la scène, c’est eux qu’on écoute le plus. Pourtant ces artistes ne connaissent vraiment rien de ce qu’on appelle internet, rare sont ceux qui ont un facebook, ou qui communiquent via le net. Mais d’autres font ça pour eux, ils ont des gens pour cela. Les rappeurs doivent donc comprendre qu’une production qui n’est pas digéré par le pus grand nombre, n’est qu’une œuvre stérile qui n’aurait jamais mérité d’être mise à jour. Il n’ya qu’à comparer le public qui assiste aux concerts des rappeurs, on arrive toujours à les distinguer, parce que ceux qui le compose se comptent du bout des doigts.


C’est tout le monde qui veut rapper, et sortir un album. Et le plus souvent ce n’est même pas en réponse d’un appel spirituel, mais plutôt par mimétisme ou alors dans l’optique rêveur de devenir aussi une star. Les rappeurs sortent des albums à tort et à travers. Mais dans ce tas il y’a ceux qui arrivent à sortir de l’eau que dis-je du lot. Ils sont les plus vus du milieu hip hop au Cameroun. Alors le public est souvent dans l’attente de leurs actualités. Certains sortent un premier album qui fait l’effet d’une bombe, mais sortent un second qui n’est toujours pas le bon, pour parler comme Nick B. il y’a donc une discontinuité entre qui a été fait et ce qui se fait, comment l’expliquer, panne d’inspiration ou alors précipitation ? D’autres à contrario, annoncent la sortie de leur premier album ou alors de leur second, mais le public arrive à attendre entre six, cinq et deux ans, et toujours rien. Que ce soit des artistes de slam ou de rap ou de r’n’b, ils sont connus ceux qui l’ont fait. Tantôt l’album sortira en fin du mois, tantôt en fin d’année, tantôt dans trois mois, tantôt l’année prochaine. Mais jusqu’ici, le constat de l’absence est alarmant.


Ce manque de logique chez ces rappeurs peut s’expliquer à plusieurs niveaux, soit ils veulent trop faire, pour avoir l’album le plus hight du marché, soit ils n’ont pas les moyens pour le faire, ou alors ils veulent alimenter le buzz. Le milieu hip hop est plein de promesses non tenues de la part des rappeurs. Certains en sont même arrivés à avoir des récompenses sans même avoir d’album. Je me demande quel écrivain peut recevoir le prix de littérature s’il n’a pas écrit un seul livre. Le milieu hip hop ici, il faut le dire va dans tous les sens. Il y’en a même qui osent annoncer leur album sans avoir au préalable fait un teaser avec un tube. Toujours un manque de logique. Mais une question se pose, qu’est ce qui est préférable entre sortir un disque et ne pas le vendre comme c’est le cas ici chez nous, ou alors se dire rappeur et ne jamais prendre le risque de se faire juger sur ses produits ? Nous devons juste dire qu’il faudra seulement attendre, car on ne sait ni le jour ni l’heure. Mais entre temps, les choses avancent ailleurs, et nous devons les suivre.
« On a attendu ton album comme J.C il n’est pas venu » T.M.F

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