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vendredi, décembre 9, 2022
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Hans MBONG : « Tous les engagements ont ete respectes… »

Hans Mbong, Directeur du festival Couleurs Urbaines nous fait le bilan de la deuxième édition  qui s’est déroulé du 15 au 20 juillet 2008 du coté du camp AES Sonel à Yaoundé.


Kamerhiphop : bonjour M. Hans MBONG, le festival Couleurs Urbaines vient de s’achever. Quel bilan faites-vous de cette deuxième édition ?
Hans MBONG :
Déjà merci pour l’occasion que vous me donnez d’exprimer toute ma gratitude au public venu très nombreux porter très haut cette 2ème édition du festival Couleurs Urbaines, ainsi qu’aux artistes et aux partenaires.
En terme de bilan au lendemain de cette édition, je dirai qu’il est positif sur plusieurs points : la qualité de l’organisation avec un village de festival dont tous les organisateurs de festival rêvent, une équipe d’organisation très jeune mais motivée et très déterminée, une présence effective des artistes annoncés tant nationaux qu’internationaux, une forte affluence populaire, une large couverture médiatique nationale et internationale, une forte présence des autorités de notre pays avec pour instruction de veiller au bon déroulement du festival. Je peux aujourd’hui vous dire par exemple que durant tout le festival une dizaine d’éléments en civile des renseignements généraux, la brigade de gendarmerie de Nkolmesseng, la brigade de recherche d’Emombo et le commissariat de Mimboman ont veillé au bon fonctionnement du festival sur le plan de la sécurité. Et enfin nous avons eu l’honneur d’accueillir madame la ministre de la culture venue exprimer le soutien du gouvernement à ce projet. Je signale en passant que trois autres ministères ont été représentés, (la communication, la ville et le tourisme ainsi qu’une forte délégation de l’ambassade des Etats  Unis …


Etes- vous entièrement satisfait du déroulement de cette 2e édition ?
Il y’a forcement matière à être satisfait après tout ce que je viens de vous dire. Aujourd’hui le festival Couleurs Urbaines est non seulement entré dans l’histoire des évènements phares au Cameroun, mais surtout si je m’en tiens aux opinions recueillis çà et là de certains haut responsables, il est cité en modèle sur le plan du sérieux et de l’organisation dans le milieu culturel local. Je vais vous faire une révélation en vous disant que la ministre m’a demandé de lui faire une programmation des jeunes artistes en danse, musique etc. pour le festival national des arts du Cameroun (FENAC) qui aura lieu en décembre à Maroua. Que pour PROMOTE 2008, je suis sollicité pour m’occuper du volet animations et spectacles… je pense à mon avis que c’est là des indicateurs d’un travail qui a été apprécié.


On a noté la présence de Madame la Ministre Ama Tutu Muna, Le samedi 19 Juillet accompagnée de Miss Cameroun 2007. Quelle impression a-t-elle eu (la Ministre) du festival ?
Du rapport qu’elle a eu de l’ouverture du festival à sa présence effective, je peux dire qu’elle a été satisfaite et j’en veux pour preuve le payement du solde de nos engagements vis-à-vis des artistes, des prestataires de services, du personnel etc. qui ont été possible grâce à l’enveloppe financière du ministère de la culture. Mon équipe et moi sommes très touchés par cette marque d’intérêt et du soutien apporté. Cela témoigne de l’intérêt que le ministère via le gouvernement accorde aux initiatives jeunes dans le domaine surtout des nouvelles formes d’expressions artistiques et culturelles. Une occasion que les jeunes devraient saisir pour redoubler d’effort au travail…


On a entendu dans certains médias des animateurs dirent « les artistes n’ont pas été payé, l’hôtel n’a pas été payé… », Lors du déjeuner de presse bilan que vous avez organisé en l’honneur de la presse, l’administrateur du festival disait je le cite « nous avons réglé 98 % de nos engagements »… alors aujourd’hui, vous confirmez que tout le monde a été désintéressé ?
Oui. Tous les engagements que ce soit vis-à-vis des artistes, des prestataires, du personnel … ont été respectés. Même les danseurs « qu’on a poussé » à ne pas livrer la finale de la battle ont été payés. Sans toutefois verser dans la polémique, je dirai qu’il y’a des règles élémentaires en journalisme ou en communication (pas besoin d’être spécialiste pour le savoir) qui veulent que lorsque on a besoin d’une information on va à la source et la source ici sauf avis contraire c’est la Direction du festival. Mais malheureusement nous n’avons vu personne. Nous sommes conscients que c’est par ignorance des règles d’usages en la matière qu’ils le font. Par ailleurs je pense qu’au lieu de critiquer un projet qui ma foi est entrain de redorer l’image du paysage culturel camerounais, ils feraient mieux d’associer leurs intelligences et nous proposer des évènements de qualité car la scène est vide et il y’a de l’espace pour tout le monde. Il y a des dictons de chez nous qui disent que « Celui qui a tout réussi, c’est celui qui n’a jamais rien organisé et donc qui ne maîtrise pas les contraintes de l’organisation… » ou encore qu’  « On ne jette pas les cailloux à un arbre qui n’a pas de fruits… »


On a noté des innovations (le Tuning, le veedjying, U-télé, la Battle Coupé Décalé, la tectonik…) selon vous quelle a été la grande satisfaction de ce festival ?
Toutes les activités et tous les genres que vous venez de citer on tous contribué à la réussite du festival et c’est d’ailleurs çà la raison d’être de Couleurs Urbaines à savoir exposer tout le savoir faire des jeunes créateurs sur le plan artistique. Le public parle du festival en termes de réussite globale et non pas de tel ou tel genre qui a marché ou pas. Le sondage que nous avons organisé dans ce sens est très indicateur.


Layone a décrié l’absence de découvertes, il avait déclaré je le cite « dans tous les festivals, il y’a toujours de découvertes… » Il avait d’ailleurs programmé quelques jeunes en première partie du show final du dimanche 20 juillet. Alors pour cette 3e édition comptez-vous arranger cela ?
Je lève d’abord l’équivoque pour dire que ce n’est pas Layone qui a programmé ces jeunes car ce n’est pas lui qui organise le festival encore moins en fait la programmation artistique. Dans tous les festivals, à la fin d’un atelier d’écriture comme celui  qu’il  a tenu, les artistes qui ont accroché leur attention se produisent à la fin de l’atelier et c’est ce qui c’est passé avec l’accord de la Direction du festival.
Après l’expérience de la première édition j’ai décidé qu’il ne devait pas avoir de première partie cette année et dans ce sens également je dirai que là aussi le sondage me donne raison, car 56% du public ont trouvé la programmation très bonne, 40% moyenne ceci l’étant par le manque de professionnalisme de certains artistes sur la scène. Et donc soyez en sûr je vais continuer avec plus de rigueur encore dans la programmation car Couleurs Urbaines n’est pas un fourre-tout mais une tribune pour récompenser le mérite et l’excellence des jeunes artistes qui veulent se professionnaliser d’abord. N’étant pas un festival spécialisé sur un genre mais plutôt un festival pluridisciplinaire, il est de notre devoir de donner de la visibilité aux genres artistiques pas encore très connu du public. Bientôt nous ferons des annonces en direction des rappeurs afin qu’il nous fasse parvenir les vidéos de leur spectacle je dis bien spectacle (et non clip) ceci dans l’optique d’en juger leur professionnalisme et leur maîtrise de la gestion scénique.


La 1ère édition a été qualifiée d’édition expérimentale, la 2e d’édition de marketing et promotion. A quoi doit-on s’attendre pour l’édition 2009, la 3e  du genre ?
La 3ème édition sera placée sous le signe de la consolidation des acquis car comme vous l’avez si bien noté nous avons assez innové cette année et il serait donc important d’asseoir ces pratiques dans les esprits. Mais il sera surtout question d’inscrire le festival dans le marché des festivals du monde (le womex), également élargir le champ des partenaires institutionnels tant nationaux  qu’internationaux et à ce sujet, je vous annonce déjà que dès l’édition 2009 l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) sera un de nos partenaire pour le transport international des artistique africains que nous voudrions bien faire venir aux Couleurs Urbaines.


Pouvez-vous me donner la date de la 3e  édition ?
Le festival Couleurs Urbaines 2009 se tiendra à la même période que cette année, mais pas forcément aux mêmes dates.


Pouvez-vous me dire en exclusivité quelles seront les innovations ?
Comme je l’ai dit plus haut, Couleurs Urbaines 2009 sera d’abord et avant tout la consolidation des innovations de cette année et il y’en a eu pas mal… par ailleurs, avec l’arrivée de l’OIF à nos côtés, nous allons davantage ouvrir la programmation à plusieurs pays du continent. Le reste c’est TOP SECRET, je sais une chose c’est que vous ne serez pas déçu.


Vous avez participé à la 6e édition du festival Gabao hip hop à Libreville (du 03 au 06 juillet), quel enseignement avez-vous tiré de ce festival ?
Le Gabao est l’un des plus grands festivals de hip hop en ce moment en Afrique et nous devons doublement en être fière par ce que en plus c’est un compatriote (Jules Kamdem, ndrl) qui en est le promoteur. J’ai vu une organisation assez professionnelle avec une équipe rodée, cela s’explique aussi par les moyens que ce festival dispose. C’est au moins dix ou quinze fois notre budget d’où je pense qu’ils peuvent d’ailleurs faire beaucoup plus que ça…
J’y suis allé beaucoup plus pour rencontrer des artistes et d’autres professionnels et à ce sujet j’ai fais pas mal de rencontres, j’ai vu beaucoup d’artistes intéressants, je suis allé même dans les faubourgs de Libreville rencontrer des jeunes. Nous ferons venir quelques uns l’année prochaine


A qui dédiez-vous cette deuxième édition qui vient de s’achever ?
D’abord au public qui a cru en nous et est venu massivement nous témoigner son soutien, également aux artistes qui ont fait preuve de professionnalisme et de compréhension malgré les quelques difficultés que nous avons rencontré, mais aussi à toute mon équipe (les bénévoles, les hôtesses, les billetteuses, la sécurité…) qui ont su relever les défis de cette édition malgré les difficultés financières rencontrées


Un message au public qui est venu nombreux et aux médias qui ont soutenu le festival (148% de taux de réalisation des objectifs en termes de couverture médiatique selon les statistiques donné par  la coordinatrice communication et marketing) ?
Je leur exprime par votre canal tout mon merci pour l’accueil qu’ils ont réservé aux Couleurs Urbaines cette année. Je me promets de ne pas trahir cette marque de confiance et les invite à continuer à nous soutenir car le défi est grand et nous avons besoin de tous les esprits positifs pour avancer. Nous voulons montrer que les jeunes peuvent se mettre ensemble et réaliser des grands projets pour notre pays.

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