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vendredi, décembre 2, 2022
On Djoss

Hélène FAUSSART (Les Nubians) : « Nous allons chanter à l’investiture de Barack Obama »

Invité au Cameroun à
l’occasion du festival national des arts et de la culture, les sœurs
Nubians n’ont pu être là toutes les deux. Néanmoins,
Hélène FAUSSART, l’une des nubiennes, n’a pas hésité à partager
un moment convivial dans le cadre d’un entretien  exclusif accordé à
kamerhiphop.com et Forum jeunes au sujet de leur carrière, du
FENAC…


Kamerhiphop.com
: Bonsoir Hélène et bienvenu à
Maroua.

Hélène : Bonsoir et merci. Je suis
très contente d’être à Maroua car j’adore la ville.


Personnellement  comment vis tu le FENAC
2008?

Je n’avais jamais eu l’occasion d’assister au FENAC en tant
que spectatrice donc pour moi c’est vraiment une première car ça me permet de
voir comment ça se passe et encore plus en tant que performeuse. J’ai eu
l’occasion de vivre chaque soir les concerts, des backstages, mais aussi dans le
public et de voir à quel point la population de Maroua accueille ses artistes,
j’ai couru après Sam Fantomas pour lui demander 40 000 photos…
Je suis très heureuse de voir que le FENAC n’est pas un évènement isolé ici à
Maroua mais plutôt en contact directe avec le monde et quotidien par internet
justement avec vos comptes rendu (elle parle de forum jeunes,
ndlr). 


C’est une chance unique
de se retrouver entre artiste qu’on soit musicien, plasticien, toutes
disciplines confondues pour offrir la culture au public car celle-ci sert à
élever les gens et à ouvrir les horizons et les univers.


Bref c’est vraiment une
grande chance pour toute génération confondue de pouvoir rencontrer ces artistes
et voir leur travail, pour certains de découvrir la région du grand Nord. Car
que le FENAC soit à Maroua ce n’est pas un incident c’est aussi pour amener le
peuple camerounais à mieux connaitre son pays et tout ça ce n’est que
ravissement, bonheur quotidien.


Pour cette 7e
édition du FENAC la part belle a été faite aux musiques dites urbaines à travers
la présence d’une pléiade d’artistes jeunes. Comment interprètes-tu cette
initiative ? Penses tu que ce soit une reconnaissance à l’endroit du hip hop
?

Evidement. Avant même d’arrivé au FENAC je suis passé à Yaoundé
j’ai vu cette immense affiche pour le prochain album de Lady B
n’est ce pas une reconnaissance des talents urbains ? En plus avec cette scène
ouverte où j’ai eu la chance de voir tous ces artistes que ce soit
koppo, Sultan oshimin, X-maleya… je crois que le Cameroun rend
aujourd’hui un hommage à sa créativité et à son inspiration donc j’espère que
cet effort se fera dans la continuité et que ce n’est pas un évènement
singulier. La jeunesse camerounaise aime cette culture urbaine, elle écoute ses
artistes de la culture urbaine donc ceux-ci ne trouvent que leur place
naturellement sur la scène.


Hélène,
franco-camerounaise vivant à l’étranger que représente le Cameroun pour toi
?

C’est mes racines, maman est camerounaise j’ai grandi avec le
Cameroun dans mon cœur, dans mon sang ; c’est une de mes racines. Ma fille va
venir au Cameroun pour la première fois dans quelques jours et je suis tellement
heureuse de pouvoir lui présenter le Cameroun et qu’elle le découvre.


En 1997 vous
envoyez votre maquette sans conviction à des maisons de disque et Virgin flash
sur vous. Par la suite ce sera le début d’une grande et belle carrière. Peux-tu
nous raconter cette belle aventure ?

En fait ce qui était surtout
surprenant à cette époque là c’est que j’étais étudiante en droit, Celia était
en sociologie et moi je voulais être absolument juriste des droits d’auteur donc
si j’avais continué ma carrière juridique sans m’arrêter pour la musique peut
être je travaillerais aujourd’hui aux droits d’auteurs au Cameroun. Et il se
trouve que avec Celia nous chantions, nous avons fait notre répertoire à
l’époque a cappella tout en se disant que si on sort notre album ça sera bien
plus tard. Puis on fait une petite maquette, on avait une association à Bordeaux
(Les petits griots. Ndlr) qui œuvrait justement pour la promotion et le
développement des cultures urbaines et des cultures africaines et métissées. On
a organisé un concert et l’un des artistes qui est venu à ce concert après nous
avoir vu sur scène le lendemain nous a dit que c’était super ce qu’on faisait et
qu’il fallait que Paris le saches. Elle nous a demandé une maquette qu’elle a
emportée avec elle à Paris et quelque mois plus tard on a été contacté par
Virgin pour faire un titre dans une compilation. Mais il se trouve que le
directeur artistique nous a vu en studio il a été séduite par notre façon de
travailler et à la fin de la session il nous a demandé si on voulait faire un
album.


Quelle a été
votre réponse ?

On ne lui a pas répondu oui mais plutôt on va voir.
Parce que nous étions étudiantes et dont on est rentré sur bordeaux longuement
réfléchir avant d’accepter (rire).


En 1998 vous
commettez votre premier album princesse nubienne, vendu a plus de 50 000
exemplaires, vous êtes révélation de l’année au soul Train award… avec tellement
de succès est-ce facile dès lors de rester soit même ?

Je crois que
vraiment on n’a pas changé, si oui ça a peut être changé l’environnement. Tu
sais dans nos métiers en général nous on change peu, ce sont les gens autour de
nous qui changent, ce sont eux qui se font des idées et qui changent mais nous
on ne change pas. Les gens vont dire que maintenant on est immensément riche
mais l’argent qu’on a gagné de notre premier album on l’a réinvesti dans la
musique immédiatement dans un projet de poésie bilingue franco-anglais qui
s’appelle echoes. Donc on ne change pas, ce sont les gens qui
changent.


Les thématiques
de vos chansons sont parfois de véritables prises de position en faveur
d’égalité des races, la cause des femmes…pensez vous ainsi être des artistes
engagés ?
Si faire de la musique c’est juste dire baby je t’aime,
franchement j’arrête la musique. Ça veut dire que je n’ai rien à dire. Je fais
ce métier parce que j’ai été inspiré par des gens comme Miriam Makéba, Fela,
Manu Dibango et je fais ce métier à cause d’eux car c’est eux qui m’ont nourrit.
Le jour où je n’aurais plus rien à dire, quand je n’aurais plus aucun message à
transmettre j’arrêterais la musique  et je changerais de support car je
suis quelqu’un qui écrit beaucoup donc j’écrirais beaucoup de bouquin dans ma
vie.


As-tu déjà
entendu parler de kamerhiphop.com ?

Je vais sur www.kamerhiphop.com aux
moins deux fois par mois pour savoir ce qui se passe au pays. Je veux savoir
comment vont mes frères, ce que font krotal, Lady b, Macase, où
est Sultan Oshimin… Heureusement que vous êtes là pour relayer
cette culture urbaine camerounaise à travers le monde et vous savez que vous
êtes lu partout à travers le monde ?


Qu’est ce qui
vous reste à accomplir les Nubians ?

Tellement de chose car le monde
est grand. On travaille sur le troisième album qui sera dans les vitrines de
culture mboa je l’espère dès l’été 2009 avec une tournée internationale ensuite.
On sera à Washington pour l’investiture de Barack Obama à la
Maison blanche, on joue là-bas le 18 et le 20 janvier en première partie de
Youssou Ndour. Les Nubians ont sont toujours en connexion avec
le pays, on sera là beaucoup plus souvent pour des concerts, des maters classe
en direction de jeunes artistes sur les techniques du chant, le business de la
musique…


Avec quels
rappeurs camerounais aimerais tu travailler ?

Je ne dirais rien,
écoutez seulement les sortie de 2009 vous aurez des surprises.


Un mot pour la
fin ?

Juste dire aux fans que même s’ils n’ont pas de nos nouvelles
sachez qu’on ne lâche pas prise. On était en tourné 2007-2008 un peu partout
dans le monde, le troisième album sera dans les back dès cet été de façon légale
et des concerts qui arrivent. Je dis à mes pairs, jeunes, moins jeunes portez
vous bien, innovons le changement pour notre pays en nous changeant nous même et
comme d’habitude sortez couverts, mettez le préservatif, aimez vous les uns les
autre  et dans vos cœurs : P.A.I.X
Merci
sist’art

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