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vendredi, décembre 9, 2022
On Djoss

Tito Marley : « Un festival est le rendez vous des meilleurs »

Animateur télé sur STV, Tito a bien voulu nous accorder une interview au village du festival couleurs urbaines. Etant l’un des rares animateurs à avoir couvert ce festival, il a bien voulu nous faire partager ses impressions. Il a aussi bien voulu nous parler du hip hop kamer, des awards, de ses émissions…


Kamerhiphop.com : bonsoir Tito et merci de nous consacrer un peu de ton temps.
Tito : merci à vous et à toute l’équipe de kamerhiphop.com, un site que je visite chaque jour.


Tu es l’un des rares animateurs télé à avoir eu le privilège de vivre toutes les trois éditions de ce festival (les couleurs urbaines, ndrl), Comment appréhendes tu cette troisième édition ?
Honnêtement pour moi cette édition est moins excitante que la dernière mais elle est plus mûre.  L’année dernière on sentait la présence des partenaires mais cette année il y’a moins de personnes qui jouent le jeu. Force est de constater cependant que cette année les artistes ainsi que les danseurs ont mûris dans leur art. Mais cette année je suis excité par contre par La Fouine. Ce n’est pas quelqu’un qui me branche j’aime sa musique mais sa s’arrête là. Par contre, le plus excitant c’est de voir des artistes comme Bashiru, Boudor ou encore Princesse Kadidja et Sahel hip hop.


Quel est à ton avis l’importance d’un festival comme les Couleurs Urbaines dans le développement  des cultures urbaines au Cameroun ?
C’est toujours bien de créer une plate forme parce que  pour moi un festival c’est une fête et ici il s’agit de fêter la réussite de quelque chose. Et donc pour juger notre scène hip hop, le travail accompli dans les studios et dans les medias,  il faut une plate forme pour tester cela. C’est d’ailleurs l’occasion pour ceux là qui ne connaissent pas la culture hip hop de la  rencontrer sous ses plus beaux jours et voir les meilleurs car c’est capital. Dans l’avancement du mouvement  aux  Etats Unis en général ça a toujours été ça. Le premier concert  hip hop de tous les temps a été organisé par Russel Simon  et avec des mecs comme Marly Marne et Krs One il a décidé d’organiser le premier festival hip hop  et c’est ce concept que toutes les autres villes ont copiés car c’est inévitablement une plate forme, c’est un rendez-vous des meilleurs. C’est pour cela que c’est très important d’avoir un évènement qui soit même bi annuel et qui fasse en sorte que des gens puissent se rencontrer. Mais il faut plus de personne pour travailler ensemble.


Tu suis de près l’évolution du mouvement hip hop depuis belle lurette, penses tu qu’il se soit bonifié au fil du temps ?
Moi j’ai d’abord horreur de me positionner en juge le métier que je fais fait de moi un rapporteur. Ce n’est pas à nous animateurs télé ou radio de juger car nous sommes plutôt un pont entre l’artiste et celui qui consomme. Je ne peux pas me payer le luxe de dire que tel rappeur est bon ou pas car je ne sais même pas comment on écrit un texte et même si je le savais si j’étais meilleur je serai entrain de faire un album aussi. De mon point de vue la scène hip hop au Cameroun c’est logique qu’elle évolue  même si ce n’est pas  à une vitesse « V ». Par contre ce qu’il faudrait que les gens ici comprennent c’est qu’il faut identifier notre rap. Les sénégalais de PBS et Darra J ont vendu de centaine de mille d’albums dans le monde tout simplement parce qu’ils ont identifiés leur hip hop en rappant en wolof mais ils ont identifiés leur rap. Aujourd’hui, le Quaïto tire ses vraies origines du hip hop,  le mbalax aussi s’inspire du hip hop, tout le monde s’inspire du hip hop. Maintenant  il faut que l’on comprenne que notre rap doit avoir une image car l’image c’est le langage le plus fort. Quand je dis image ça veut dire mettre des valeurs, ça ne veut pas dire de rapper en Béti par exemple, car l’on a plus de 200 langues dans notre pays donc ce n’est pas possible. Mais il faudrait par contre que les rappeurs s’asseyent et décident d’un truc propre à eux, il faut un code qui sera respecter par tout le monde. Donc je pense que notre rap avance beaucoup  mais il peut aller plus vite et dans la bonne direction si toute l’énergie est mise.


L’une des dernières trouvailles par certaines personnes ce sont les awards. Qu’est ce que tu  penses et à quand des Stv hip hop awards ?
Je pense que un awards c’est un élément motivateur c’est très important dans la carrière d’un artiste. Mais maintenant pour ce qui est des awards au Cameroun franchement je ne sais pas trop. Les awards sont faussés ici car les gens n’ont pas la possibilité de vraiment s’exprimer et d’ailleurs sur un plan purement technologique c’est n’est pas possible d’avoir des awards fiable au Cameroun. Avec quoi est-ce qu’on mesure ? Les awards ce ne sont pas toujours en termes de nombre de disque vendus mais c’est aussi des gens qui écoutent  dès lors, comment ces gens font pour apporter leur vote ? Vous n’êtes pas sans savoir qu’en Afrique le processus de voting a toujours eu des problèmes à tous les niveaux. Je trouve que c’est un peu louche tout ça c’est très mitigé. Et pour cette raison avec Stv on a émis l’idée. Moi je suis  quelqu’un qui aime faire des choses bien, je suis un passionné et je ne veux pas faire des choses tout simplement parce que je veux  plaire aux gens.  Les gens en demandent depuis des années puisque il y’a les ‘‘mboa awards’’, les  ‘‘canal d’or’’ dont je ne sais pas sur quoi c’est basé. Il y’a un projet en cours à Stv qui devait se faire en décembre mais ça sera plutôt l’année prochaine car en décembre il y’avait le Fespan (reporté à février 2010. Ndlr) et Stv fait partie des télévisions devant assuré la couverture. On fera les Stv awards  sur des catégories qui sont des catégories de proximité, on récompensera tout le monde. Là je ne peux pas te donner plus de détail car nos travaillons encore dessus.


Quelle est ton actualité pour ce qui est de la télé ?
J’ai dû arrêter de travailler à la télé parce que je voulais me refaire. Le pays n’avait pas beaucoup de possibilité pour moi car tu sais à un moment tu satures et tu ne produits pas avec la même vigueur qu’avant. Et moi je suis quelqu’un qui n’aime pas s’ennuyer donc il fallait que je cherche autre chose à faire. Quand je suis revenu de mon voyage qui n’a pas marché j’ai renégocié avec Stv . Par contre il y’a une donc je suis très excité d’en parler  ça s’appelle « CMR » (chek mon rap) et ça débute bientôt. Je suis excité d’en parler  parce que sur la formule de l’émission ça ne va pas être tournée en studio mais plutôt à l’extérieur. Maintenant je ne peux pas vous dire de quoi il s’agit  mais c’est « chek mon rap » La formule va être géniale on a besoin de travailler avec des gens qui ont des sites internet qui vivent et qui sont actualisés comme kamerhiphop.com et où les gens peuvent aller voir ce qu’on fait. Notre priorité dans cette émission c’est de pouvoir faire en sorte que les gens qui sont à l’extérieur du Cameroun soient plus imprégnés de la culture hiphop du Cameroun. Ça commence en principe en décembre, je me suis donné trois mois pour faire une bonne promo et avoir des sponsors car la production va nous couter un peu cher mais c’est pour bientôt.


Quel est ton dernier à l’endroit de nos internautes et même de tes fans ?
Je ne pense pas que j’ai des fans mais plutôt des gens qui aiment ce que je fais et c’est réciproque car j’aime quand les gens aiment ce que je fais, j’aime surtout quand les gens prennent la peine d’écouter ce que je fais. Pour les internautes y’en a pas beaucoup…l’avenir c’est l’internet. Pour les gars de kamerhiphop par contre, j’ai remarqué qu’il y’a beaucoup d’archive mais c’est aussi parce qu’il y’a pas beaucoup d’évènement mais moi ce que je propose c’est de créer vos propres trucs, de créer l’information et je suis sûr que vous pouvez le faire puisque vous le faite déjà.


Merci et bon festival
Merci à vous.

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