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samedi, décembre 3, 2022
On Djoss

X Maleya : « Nous sommes de la famille hip hop… »

Après 30 jours d’abstinence et de privation, les musulmans du Cameroun ont célébré la fête de Ramadan ce Dimanche 20 Aout 2009. Garoua ville par excellence musulmane l’a célébré de façon particulière cette année, pour cause, les populations ont vibré au rythme de « Maleya Maleya, balancer avec Maleya… ». Le groupe X Maleya à travers la structure Kanao Entertainment a donné un spectacle inédit à la maison du parti de Garoua. C’est après ce spectacle que l’un de nos correspondants (Salif, ndrl) les rencontré, ils nous parlent de leurs succès, de leurs rapports avec les hip hoppeurs…


 


Racontez nous un peu la genèse du groupe X-maleya ?


Comme je le dis toujours, X Maleya est une bande de copain à la base. Trois jeunes gens (Roger, Auguste et Hais, ndrl) qui ont grandi dans un quartier de Yaoundé. Nous sommes allés au lycée ensemble et nous avons la même passion pour la musique, on avait la même passion pour les mêmes artistes à savoir Michael Jackson, Eboa Lotin, Prince et autres. Ça fait qu’après ça crée des envies, ça suscite des rêves et c’est comme ça que nous avions monté ce groupe et défendre ce projet qu’est X Maleya.


 


La chanson « Mota’ Sawa » qui figure dans votre album une reprise d’Eboa Lotin. Pourquoi avoir  reprit cette chanson particulièrement?


Nous sommes à notre deuxième album et si tu as écouté le premier, il y’avait une reprise d’Eboa Lotin (Matoumba, ndrl), nous sommes jeunes et il faut montrer à la jeunesse qu’avant nous il y’avait des grands artistes qui faisaient des très bonnes choses. Tu sais la musique, c’est une question de feeling et si dieu nous prête longue vie, à chaque fois que nous ferons un album, nous  interpréterons  un son d’Eboa Lotin.


 


Votre titre « Yelelé » est un hit aujourd’hui. De quoi parle cette chanson ?


Yélélé c’est l’appel de X Maleya aux jeunes, ils oublient d’où ils viennent. Nous voulons leur dire ou qu’ils soient, et qui qu’on soit il faut être fier de ce qu’on est et de ce qu’on a, parce qu’au rendez de la mondialisation du donner et du recevoir, il faut que nous peuple africain apportions quelque chose, qu’on ne soit plus ce peuple qui copie ce que les autres ont fait. C’est un peu cela la thématique de Yélélé.


 


Vous avez dit dans le magazine situation je vous cite « Le succès du premier album a surtout été manifeste à l’étranger. Il nous a juste permis d’avoir une reconnaissance au niveau national, la valeur pécuniaire n’étant pas d’une grande importance ici. » Est ce pareil pour le deuxième album ?


Je pense que de notre point de vue, l’argent vient  tout seul c’est-à-dire lorsque vous êtes connu et reconnu l’argent suit, l’essentiel pour nous c’est de continuer de bien faire notre boulot, notre musique, le reste suivra.


 


Que pensez-vous des producteurs camerounais ?


Au Cameroun, il n y’a pas de producteur, il y’a que des récupérateurs. Un producteur c’est celui qui porte un projet, celui qui a une vision pour son artiste. Mais ici nous avons l’impression que les gens veulent se faire d’argent tout de suite et voila que la carrière de l’artiste passe au second plan. Pour ce second album, nous l’avons proposé à tous « ces grands producteurs », personne n’a voulu l’accepter. Nous l’avons proposé à Madame la Ministre Ama Tutu Muna qui l’a senti et nous a donné les moyens de le faire, nous lui disons d’ailleurs GRAND MERCI. Lorsque l’album a pris de l’envol, c’est ses producteurs qui n’avaient voulu nous recevoir hier qui nous appellent aujourd’hui, matin, midi et soir pour nous proposer un contrat pour le troisième…


 


Combien ce deuxième album vous a rapporté, financièrement parlant ?


Ce n’est pas encore l’heure de faire des comptes, on les fera un peu plus tard, pour le moment nous sommes entrain de le promouvoir. Pour l’instant nous sommes à Garoua, il faut faire le tour du pays et aller au-delà du triangle national. L’heure des comptes viendra et on fera le compte


 


Le groupe existe depuis 1998, pourquoi selon vous c’est aujourd’hui que la reconnaissance arrive ? On a l’impression qu’il y’a un phénomène qui est né, je dirais même une « X-Maleyamania » ?


Tu sais, on ne sait pas quand est ce que le succès arrive. Vous ne pouvez pas dire aujourd’hui, vous sortez un album et le succès est garanti. Je pense que chacun à droit à la récolte de ce qu’il a semé. Peut être qu’à l’époque, on n’était pas prêt pour ce succès, tout arrive à point nommé pour ceux qui savent attendre.


 


Dans le groupe quel est le rôle de chaque membre ?


Chacun à un rôle, mais nous faisons tous la même chose. Nous sommes tous auteur-compositeur, nous sommes chorégraphe. A la limite Auguste et Moi (c’est Roger qui parle) ne sommes pas des guitaristes et Hais n’est pas chanteur. Nous sommes tous auteur-compositeur-interprète et tous participons à la création et au montage des chorégraphies. Nous avons tous les mêmes potentialités comme il y’a quelques particularités.


 


Vous avez été invités d’abord au dernier festival panafricain d’Alger, ensuite au FESPAM. Comment avez-vous vécu cette pression de savoir que quelque part vous étiez aussi entrain de vendre l’image de marque du Cameroun ?


L’impression était grande, on a pu jogger notre niveau, puisqu’on a eu l’occasion pas de se mesurer mais d’être sur le même plateau que des grands noms de la musique africaine : Manu, Ismaelo… ça nous a permis de corriger nos lacunes et en même de savoir que nous ne sommes pas à négliger.


 


Dans ce second album, on, retrouve une forte présence du groupe Macase qui vous accompagne par ailleurs en live lors de certaines de vos prestations. Comment est née cette collaboration ?


C’est des grands frères que nous respectons beaucoup. Macase c’est des musiciens, des vrais musiciens, je suis heureux quand je parle d’eux, X Maleya et Macase sont des groupes des jeunes, c’est des groupes qui devaient être des rivaux, mais nous nous sommes mis ensemble pour la défense de la musique camerounaise en particulier et de la musique africaine en générale et hisser haut le flambeau de la musique et de la culture. C’est un groupe pour qui nous avons beaucoup de respect, Macase, c’est des vrais et dans notre métier, c’est important de travailler avec des vrais.


 


Dans l’univers hiphop du bled comment définissez vous votre musique, est-ce du hip hop ou de la variété en fin de compte ?


Notre musique c’est aussi du hip hop, mais pas seulement du hip hop maintenant c’est chacun qui a son avis à mettre  et c’est des avis que nous respectons même comme nous ne les partageons pas. Nous avons notre place lorsqu’on parle de la musique urbaine au Cameroun les autres n’acceptent pas la singularité qu’il y’a dans notre démarche artiste c’est-à-dire que notre hip hop, c’est un hip hop différent malheureusement les gens doivent l’accepter comme cela et nous l’assumons. Je dis encore que nous sommes de la famille hip hop mais notre musique n’est pas seulement du hip hop


 


Peut-on dire de vous aujourd’hui que vous vivez de votre musique ?


Nous vivons de la musique et nous espérons que ça va durer.


 


Pourquoi on ne retrouve pas vos CD à Garoua ?


Nous sommes entrain de voir dans quelle mesure le faire avec notre partenaire culture Mboa. Il y’a un marché ici, c’est dommage car les gens veulent des CD originaux mais ne savent pas ou les avoir. D’ici quelques semaines nous allons voir comment faire parvenir ces CD.


 


Que pensez du site www.kamerhiphop.com?


Nous pensons que c’est des gars qu’il faut encourager, nous avons vu ce site dés le premier jour et lorsqu’on fait le bilan aujourd’hui ils sont bien avancés. Aujourd’hui partout dans le monde, si les gens sont au courant de ce qui se passe dans le domine du hip hop au bled, c’est grâce à ce portail. Nous leur demandons d’avoir des cœurs de lion car dans ce pays, les gens combattent des œuvres louables.


 


Quelle relation entretenez-vous avec les hip hoppeurs du bled ?


On est resté les mêmes, on n’a pas pris la grosse tête, mais ce qu’on a remarqué ce que dés que vous avez de la notoriété, les autres changent et du coup quand il faut garder des distances, nous les gardons. Il y’a pas le feu, nous gardons des bonnes relations avec la plus part des hip hoppeurs du bled.


 


Kamerhiphop vous remercie


C’est nous qui vous remercions. Que dieu vous béni.

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