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dimanche, février 5, 2023
On Djoss

Memhic’s [Tchad] : « Le hip hop Tchadien se porte bien… »

En 2001 il a crée la première émission radio de rap au Tchad et en 2008 il a produit la première compilation de rap au Tchad. Memhic’s, est une référence lorsque l’on parle des cultures urbaines au Tchad. Kamerhiphop.com s’est rendu au pays de toumaï, à la rencontre de ce passionné au service du rap.


Bonjour Memhic’s. Peux-tu te présenté à nos internautes ?
Merci Ebah. Je m’appelle Memhic’s, je suis promoteur de la culture hip hop et surtout du Rap au Tchad et je porte une casquette de producteur également.


Comment le hip hop débarque t-il au Tchad et quelle fut son évolution jusqu’à nos jours ?
Comme bon nombre de pays d’Afrique francophone, le hip hop tchadien a été orienté par les pionniers sénégalais. Notre hip hop s’est fait par contre assez tardivement en ce que le premier support sur lequel on a eu à écouter nos premiers titres rap n’est apparu rien qu’en 1994. Par la suite, les gars mouillaient le maillot pour être présent au micro comme Komplyss, les banlieusards qui sont nos premiers représentants. Parallèlement, on a commencé mais très lentement à intégrer les autres disciplines notamment le tag, la street dance, le dj-ing au point ou aujourd’hui on a une cérémonie des Chad Hip Hop Awards qui récompense pratiquement 7 catégories du mouvement.


Si on se réfère à certains évènements tels que le Festival N’Djam hip hop ou les Tchad Hip Hop Award, les scènes hip hop organisées par Achile Production et les récentes productions musicales, peut-on dire que le hip hop tchadien se porte bien ?
Je dirais que le hip hop tchadien se porte mieux. Des progrès ont été fait mais comme dans n’importe quel domaine où en doit viser l’excellence, il reste énormément de travail à faire.


Sinon quelles sont les difficultés que rencontre le hip hop tchadien ?
Il y a des difficultés à chaque niveau, des difficultés dues à l’organisation politique dans n’importe quel pays pauvre ou en voie de développement, celles que l’on pourrait trouver tant au Cameroun, au Niger ou au Brésil à savoir celles liées aux finances, aux structures et aux hommes eux mêmes.


Quels sont les principaux acteurs qui en ce moment font la pluie et le beau temps du côté du Tchad ?
Chacun à son niveau essaie de faire ce qu’il peut et c’est là que se situe la différence. Et cette différence, je me permettrais de citer des hommes qui la font, le premier c’est Djamel, un jeune qui en 2 ans a mis en place sa structure, Djamelproduction, qui a permis au Tchad l’année passée d’avoir sa première édition des Hip Hop Awards. Il y a également Manassé Nguinambaye à la tête du festival ‘’Ndjam Hip Hop’’ qui chaque février, demande au rappeur de se transcender pour représenter le Tchad au festival Gabao et enfin Achille Baldal qui avec un lot impressionnant de matériels et un espace réservé permet aux rappeurs d’avoir un podium de prestations. On ne peut oublier de citer Fabrizio Colombo un homme de cœur qui quoique ne vivant plus au Tchad produit depuis l’Italie bon nombre d’albums en écoute actuellement.


Si les artistes Tchadiens ont du mal à percé au pays, par contre à l’étranger nombreux sont vos compatriotes qui sont aujourd’hui de véritables stars : Mawndoé de Yeelen et Otentik (Burkina Faso), Yalaad (Sénégal), Kaar Kaas Soon (France) ou encore Iszra L (Canada)…Comment l’expliques-tu ?
Les pays cités à savoir le Burkina Faso, le Sénégal, la France et le Canada ont une histoire hip hop qui est bien ancienne et bien structurée aussi ils permettent l’expression de l’art. Je ne dis pas que tous les artistes tchadiens se feraient un nom s’ils se trouvaient dans ces pays, je dis qu’il ne tiendrait qu’a eux de profiter de l’environnement propice pour s’en sortir.


Comment développer et redynamiser le hip hop tchadien à ton avis ?
On a besoin de maintenir une communication forte autour de la chose. Que la promotion soit individuelle ou par le biais d’une structure mise en place, il faut insister sur cet aspect promo. Il y a lieu de noter l’accompagnement de l’artiste qui est un volet très important. Nous ne disposons pas pour un rappeur de toute la chaine d’homme qui fait l’artiste. Je parle de manager, de chargé de communication, de directeur artistique pour ne parler que de ces aspects qui sont assez cruciaux mais je suis conscient que beaucoup de choses doivent être faites et surtout de manière moins amateur…


En 2008 tu as lancé la compile « Des mots sur nos maux » et crée le collectif Tchadda Rappa. Parles-nous un peu de ce projet.
J’ai crée en 2001 sur les ondes d’une radio privée de la place, la radio FM Liberté, la première émission de rap du Tchad, l’émission ‘’Hip Hop Show Time’’. Par le biais de cette émission je me devais de suivre les gars et le mouvement dans ses moindres détails. En 2007, convaincu de l’évolution du mouvement et des capacités d’écritures des jeunes de l’underground, j’ai copté 12 groupes et artiste rappeurs sous le pseudo ‘’TCHADDA RAPPA’’ à qui j’ai soumis le titre ‘’Des Mots sur nos Maux’’ pour ce qui sera la première compilation de rap tchadien. Chacun y est parti de son écriture et en octobre 2008, le single a été lancé, distribué gratuitement. On a assuré la promo pendant toute la fin de l’année et en février 2009, l’album a été présenté, album qui a d’ailleurs été finalisé au Cameroun vu que la duplication y a été faite.


Les hippopeurs tchadiens de la diaspora (kaar kass son, Mawndoé, Mc Solaar…) aportent-ils leur soutien au mouvement hip hop national ? (Si oui de quelle manière ? Si non pourquoi ?)
Les artistes de la diaspora du fait d’être loin du Tchad, du fait de leur réalité de vie, du fait qu’il ne dispose pas du capital financier qui leur est imaginé, même avec la meilleure des volontés ne peuvent sortir le Hip Hop tchadien de la ou il est. Le réel travail doit être fait de l’intérieur par les hommes qui y sont. A rester attendre leur coup de main, il n y aura pas de mérite de notre part. Des apports ponctuels peuvent être cité comme en mai dernier, Kaar Kaas Sonn qui a coproduit le deuxième album du rappeur Guevara, album titré ‘’Vent d’Ouest’’


En ta qualité d’animateur radio écoutes-tu du rap Camerounais et quel est ton jugement ?
Pas simplement à cause du voisinage mais surtout par rapport à la qualité de la création, le promoteur que je suis, est obligé de s’ouvrir à l’écoute de tout et vous camerounais pouvez être fiers de ce qui a été fait en matière de rap. Je parle de ce qui a été fait parce que je suis assez old school, je voue un respect particulier à ceux qui écrivent les histoires car le tout est de commencer et de bien commencer pour la suite.


Et qui écoutes-tu ?
Je reste scotché aux albums de Krotal et Aksan Grav. La nouvelle génération se met à ce qui se fait à l’international, ce qui est normal mais ce qui est bien, c’est cet accent qui est le votre qui donne la coloration kamer au Hip Hop.


Un contact…
memhics@voila.fr ou http://chadmusic.ning.com/


Ton dernier mot…
C’est bien qu’il y ait des hommes qui se donnent pour la promotion du mouvement hip hop et c’est ce que fait kamerhiphop.com. Sans le site, sans le bloc de promoteur, sans les journalistes, l’art de nos rappeurs, de nos tagueurs, de nos danseurs ne serait pas ce qu’il est alors continuons la part du travail que nous avons choisi dans cette chaine et continuons par le faire avec le professionnalisme requis.

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