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samedi, juin 22, 2024
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Éric Théophile Tchoumkeu : « L’auteur est la raison d’être des éditions de Midi… »

Éric Théophile Tchoumkeu comptable, écrivain et éditeur est le promoteur des éditions de midi en abrégé EDIMID qui a déjà édité plus de 260 ouvrages. Culturebene est allé à sa rencontre, au menu des échanges : la relation entre éditeur et écrivains, le concept EDIMID EN VISITE… et pas mal d’autres sujets. Interview à lire !

Bonjour Éric Théophile Tchoumkeu, merci de répondre aux questions de culturebene. En quelques mots, pouvez-vous vous présenter à nos internautes ?

Bonjour très cher Idrissou Arabo, avant toute chose je voudrais vous adresser mes sincères remerciements pour tout le travail que vous faites depuis de longues années, et à tous vos collaborateurs de Culturebene, pour la culture en général et la littérature en particulier.

Je suis Eric Théophile Tchoumkeu, de nationalité camerounaise, comptable, écrivain et éditeur. Je suis auteur de dix (10) ouvrages avec sept (07) ont été traduits en anglais et un (01) en arabe. Puis coauteur de quatre (04) ouvrages dont j’ai assuré la direction et qui valorisent la police camerounaise pour le premier (Le calumet de la paix avec les hommes en tenue avec pour préfacier le DGSN), les forces armées camerounaises pour le second (Révérence aux héros de la paix et de la stabilité), les Lions Indomptables pour le troisième ( Les Lions indomptables, ensemble pour la sixième étoile) et le Président de la Fecafoot, Samuel Eto’o Fils après sa brillante élection au poste de Président de la Fecafoot (Bon vent Samuel Eto’o avec pour préfacier Jean Bruno Tagne).

Après une bonne expérience acquise dans deux maisons d’édition de la place, j’ai décidé de mettre en place les éditions de Midi en fin 2019.

Vous êtes directeur de la maison d’édition de Midi crée fin 2019, pouvez-vous nous présenter cette structure qui en 4 ans a déjà édité plus de 260 ouvrages ?

Les éditions de midi en abrégé EDIMID, est une jeune maison d’édition généraliste qui a été créée en fin d’année 2019.

Structure de droit camerounais, sa mission principale est de mettre à disposition du grand public, les pensées africaines d’ici et de la diaspora, lesquelles contribueront à la reconnaissance et au développement de l’Afrique.

Convaincue du potentiel africain en matière d’écriture et de pensée, EDIMID entend être la vitrine par excellence mieux le lieu voire l’intermédiaire entre les auteurs et lecteurs du monde. Elle va permanemment œuvrer pour la diffusion, la distribution sans oublier la présence et la reconnaissance des auteurs lors des manifestations littéraires locales, sous régionales et internationales.

Notre ligne éditoriale consiste en particulier, à promouvoir en toute langue, la pensée africaine, sa culture, ses valeurs endogènes et en général, la littérature du monde.

L’auteur est la raison d’être des éditions de Midi, d’où son slogan : « votre manuscrit, ma passion / your book, my passion ».

Nous logeons nos ouvrages dans plusieurs collections à savoir :

  • Collection Libertés pour les textes ayant trait aux émotions personnelles, à ses sentiments, au divertissement ;
  • Collection Sociétés pour les textes politiques, économiques, juridiques, etc. ;
  • Collection Lumières pour les textes relatifs aux recherches, à l’éducation ;
  • Collection Univers pour les textes à caractère spirituel ;
  • Collection Conscience pour les textes relatifs au développement personnel ;
  • Collection Innocence pour les textes pour enfants ;
  • Collection Destin pour les biographies et autobiographies
  • Collection Patrimoine pour les textes à caractère archéologique, etc
  • Collection psychologie

 

En date nous sommes à plus de deux cent soixante (260) titres publiés et ce en plusieurs langues (française, anglaise, allemande, espagnole, turque, arabe, bulu, Basa’a) et avons des auteurs de nationalité de différents pays (Le Cameroun, Le Tchad, Le Niger, Les deux Congo, La Turquie, la France, L’Espagne, l’Allemagne, l’Israël, la RCA, le Gabon, le Benin, le Togo, La Guinée équatoriale, etc).

Comment se passe l’édition d’un ouvrage chez vous : C’est vous qui allez voir l’auteur ? Ou c’est lui qui vous propose son œuvre ?

Pour toute publication, nous passons par la réception du manuscrit, du diagnostic avec envoi d’une note de lecture pour avis favorable ou défavorable. Et Si favorable, signature du contrat et lancement du travail.

Plusieurs auteurs viennent vers nous et nous mettons aussi un travail de promotion des auteurs et leurs ouvrages, ce qui attire d’autres.

Par ailleurs, nous mettons aussi en place des projets de publications en faisant appel aux contributions ou en donnant la parole aux enfants pour lutter contre certains fléaux qui minent la jeunesse à l’instar du livre intitulé Cris de cœur contre les violences et stupéfiants en milieu scolaire où nous avons donné la parole aux élèves du Collège Bilingue Jacques de Bernon de Maroua. Ce sont les initiatives qui permettent aussi d’inciter les jeunes à l’écriture et à la lecture.

Comment se passe l’édition d’un ouvrage, qui s’occupe de l’imprimerie ? Qui s’occupe de la vente, du marketing et de la communication d’un livre par exemple ?

L’auteur confie son ouvrage à son éditeur pour la publication donc c’est à l’éditeur de rendre le livre disponible.

S’agissant du volet, nous travaillons en collaboration avec tous nos auteurs pour une meilleure promotion ainsi que de la vente.

Il faut signaler que l’accent mis sur le livre de qualité ainsi que sur la promotion sont les éléments qui font de nous l’éditeur de choix de plusieurs auteurs d’ici et d’ailleurs.

Est-ce qu’aujourd’hui de façon sincère, le métier d’éditeur nourrit-il son homme ? quand on sait que les camerounais lisent de moins en moins et surtout que certains ouvrages ne sont forcément pas à la portée de tout le monde ?

J’aime cette question car elle revient chaque fois lors de différentes interviews. Que ce soit pour l’auteur ou pour l’éditeur je dirai oui et non.

Oui parce que pour un éditeur qui fait dans le livre scolaire, l’activité le nourrit pleinement de même qu’un auteur d’ouvrage scolaire. Aussi pour un auteur qui gagne des prix littéraires à l’international, il vit décemment.

Vous pouvez déduire pourquoi non car pour tout éditeur ou auteur de littérature générale, c’est la passion du métier pour l’éditeur et la passion d’écriture pour l’auteur qui les poussent encore à continuer surtout que le secteur ne bénéficie d’aucun soutien du gouvernement de notre pays.

Si le gouvernement pouvait revoir la politique du livre en confiant le livre scolaire à chacun des éditeurs locaux qui se démarquent véritablement afin de les aider à continuer dans la publication des livres de littérature générale car la plus part des éditeurs du scolaire sont juste des commerçants du livre scolaire.

Pour ce qui est de la lecture du livre, il est difficile de conclure ainsi lorsque nous n’avons que quelques librairies qui vendent les livres de littérature générale pourtant le pays regorge des milliers de promoteurs se disant libraires pourtant ce sont les commerçants de livres scolaires. J’ai fait des propositions à un moment donné car c’est une catastrophe pour un pays. Chaque école, collège ou lycée doit avoir une bibliothèque et acquérir chaque année des livres autres que ceux scolaires (poésie, roman, nouvelle, etc) pour les mettre en bibliothèque. Les écoles perçoivent les sommes y relatives des parents mais rien n’est fait. Le gouvernement observe et ne réagit pas. Chaque mairie devrait avoir une véritable bibliothèque pour encourager la lecture dans sa circonscription, le constat est douloureux. Quant aux universités, en dehors de quelques-unes qui par moment réagissent, elles préfèrent aller commander les livres d’ailleurs que de solliciter les catalogues des éditeurs locaux chaque année pour permettre aux chercheurs d’avoir des ouvrages.

C’est en ayant plusieurs librairies et bibliothèques que nous pouvons conclure que le camerounais ne lit pas. Aussi, bien de potentiels lecteurs de livres n’ont même pas l’information sur la parution car les médias (télé, radio, presse écrite, etc) ne mettent pas en place de véritables émissions ou diffusion de la littérature en dehors de quelques qui se démarquent.

Et enfin, quelques éditeurs ne font pas de la promotion des livres des auteurs comme certains auteurs pensent que tout le travail revient à l’éditeur.

Pour ce qui est du prix des ouvrages, c’est une situation qui trouvera solution après une bonne mise en place de la politique du livre en général au Cameroun car pour ce qui est des ouvrages scolaires, la commission d’agrément des manuels scolaires et matériels didactiques a déjà fait un travail salutaire dans ce sens. Quand le Gouvernement constitué de grands universitaires voudra se pencher véritablement sur le livre au Cameroun, nous aurons des livres au prix réduit comme ce qui est arrivé au livre scolaire même si pour moi, je pense qu’aujourd’hui, l’édition des livres scolaires devrait exclusivement revenir aux locaux.

Vous avez lancé un concept qui est d’aller vers les autorités leur présenter des auteurs et leurs œuvres. En quelques mots de quoi s’agit-il ? Comment ce concept est-il accueilli ?

Face aux difficultés d’écoulement des livres de nos auteurs à travers le circuit conventionnel (librairies) et aux ventes nulles faites lors des dédicaces, nous avons mis en place le concept EDIMID EN VISITE. Ce concept consiste à aller vers les personnalités avec deux à trois auteurs pour une mini dédicace lors d’une audience entre la personnalité et son staff, les éditions de Midi et les auteurs accompagnés de quelques journalistes. Nous disons merci aux personnalités comme le Dg de l’ENAM, Le Ministre des Travaux Publics qui nous ont déjà accueillis, Le Ministère des Arts et de la Culture, le Minepat, CERDOTOLA, la CNPS, CCAA, qui nous ont déjà répondus et qui vont certainement nous recevoir les jours à venir. Nous avons lancé ce concept en mettant en vitrine la plume féminine. Une autre phase d’ici l’année prochaine prendra en compte la plume masculine.

Nous pouvons dire que le concept est intéressant et innovant au vu des retours que nous recevons.

Selon vous, quelle est la recette miracle pour amener des jeunes à aimer la lecture ?

-rapprocher le livre auprès des jeunes dont dans les écoles, établissements, universités par l’organisation des mini dédicaces,

-avoir de véritables émissions littéraires dans tous les médias,

-voir le gouvernement se pencher sur le livre au Cameroun en le considérant comme un outil contribuant aussi au développement du pays,

-Organiser des ateliers d’écriture et des concours d’écritures dans les milieux jeunes,

-Mettre un accent sur la promotion des jeunes auteurs pour inciter les autres à se jeter dans le bain,

– Obliger toutes les librairies à avoir au moins un espace dans leurs librairies pour la littérature générale ;

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans votre boulot d’éditeur ?

Les difficultés sont nombreuses car en dehors des difficultés de financement, nous avons les difficultés de promotion car pas d’émissions littéraires dans plusieurs médias, et quand il faut même en parler d’aucuns exigent le paiement pourtant l’édition est déjà un gros travail peut-être parce que ces médias n’ont pas aussi de soutien. Comme toute activité, les conflits surgissent souvent avec les auteurs.

Depuis que vous avez lancé il y a 4 ans votre maison d’édition, quels sont vos best sellers ? Quels sont les livres dont vous êtes satisfait ?

Nous sommes satisfaits pour tous nos livres car un accent est mis sur le livre de qualité.

Pour ce qui est des auteurs les plus vendus, nous avons le Gouverneur Abakar Ahamat avec ses 12 titres (l’audace d’être différent, ni courtisan ni flagorneur, administrateur si vil, etc), Danielle Eyango avec le Parfum de Ma mère ; Echanges de Njoh Mouelle avec les collègiens et autres lecteurs de De la médiocrité à l’Excellence, etc . Bref en collaboration avec chacun de nos auteurs, nous travaillons ensemble sur la vente des ouvrages. Ce qui permet de faire chaque fois des ventes satisfaisantes. C’est pourquoi chaque auteur devrait être aussi dynamique avant, pendant et après la publication de son livre.

Quelques contacts utiles ?

Localisation : Policlinique Tsinga, Yaoundé Cameroun

Contact du gérant : 697 44 90 82 / 680 17 51 50

Adresse email : editionsdemidi@yahoo.com ou tchoumkeufr@yahoo.fr

Nom du Promoteur : Eric Théophile Tchoumkeu

Site Web : http://editionsdemidi.org

Page facebook : editionsdemidi-officiel

Nos librairies partenaires : Librairie Les peuples noirs (Yaoundé), Librairie Clé (Yaoundé), Librairie Saint Paul (Yaoundé), Librairie Fe Tchuenté (Yaoundé) Librairie du Savoir à Ngaoundéré, Dovv Bastos (Yaoundé), Dovv Messamedongo (Yaoundé), Librairie Sofia (Douala).

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