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vendredi, décembre 9, 2022
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Epoustouflante performance de Sultan Oshiminh à l’Ifc de Yaoundé

Le sulfureux, charismatique et leader incontesté de la mouvance reggae kamer, Sultan Oshiminh, avait alors un « nouveau discours » à l’endroit de son peuple ce 26 avril 2013 à l’Ifc de Yaoundé.


Plus qu’un « discours », c’était un message, celui  du « Roi » qu’il incarne parfaitement sous les déclinaisons roots, brutes et avant-gardistes de son style émanant de sa forte personnalité. Sultan Oshiminh lui-même ne manque pas de mots pour qualifier ce qu’il venait d’accomplir : « Le show était bien, le public était réceptif, il voulait vraiment écouter le nouveau discours du Roi », nous confie-t-il quelques secondes après sa descente de la scène.


Comme on s’y attendait, sa solide réputation l’avait précédé ; encore dans les coulisses, les cris retentissaient, toutes la salle se tenait débout comme de bons soldats disciplinés et le nom du roi est porté au pinacle… Il pressait alors à Visley Oyé d’introduire, non sans les honneurs qui lui sont dus, celui que Babylone a vite fait de surnommer Ben Laden. La voix semble dense, ample, rocailleuse et  parfois, monte des aigus (pour être plus perçante) avant de retomber dans les graves pour qu’ « ils » puissent mieux saisir la portée et la pertinence de ses dires qui à cet instant ont un effet apaisant pour ces cœurs laissés pour compte, victimes  du système oppressant qui les broie ; l’émotion est alors grande, et ne laisse personne indifférent. Cet hypnotique et très polyvalent (malgré quelque soucis techniques il poursuit son show comme si de rien n’était) se sent ainsi concerné par les problèmes de son pays ; il n’hésite d’ailleurs pas à dire ouvertement ce qu’il pense, à citer des noms et à montrer les plaies du doigt lors de ses multiples prestations : « Ils ont divisé ma côte d’ivoire. Que le feu brûle Barack Obama, que le feu brûle Sarkozy, que le feu brûle Paul Biya ». Dans son élan, Oshi alterne le français et l’anglais, qui se marient très bien à ses textes engagés et bien colorés notamment « From long time » ou encore « Quand on soffa ». Chanteur militant, il prône pourtant la paix et l’unité et revendique ses idées sans violence, parfois avec un certain humour : « (…) le professeur qui donne le cours, la face attachée (…) les jeunes ont compris, ils sont tous au centre ville, ils vendent des bonbons ils vendent des arachides (…) mais quelle écoles, école, école ; mais quelle école, pour les jeunes de ma nation… » Le côté tendresse n’est pas en reste, Sultan rend un vibrant hommage à sa mère ; le message est à la fois poignant et inondé d’émotion : « Maman, merci pour c’que t’as fais pour moi… », ce qui logiquement ouvre une brèche à son côté à la fois romantique et crooner : « J’ai eu des blanches, des noires, des métisses dans ma vie ; depuis que je t’ai vu, ouiiiii, j’ai compris, le premier regard, sur moi tu as posé, m’a fait comprendre que nous sommes faits pour l’éternité. La sexy woman de ma vie c’est toi ; la sexy lady que j’adore c’est toi… » Leader de la scène reggae-ragga et dance hall confirme-là une fois de plus son statut, au point où Dj Bilik, l’un des grand prophètes du mouvement hip hop kamer est monté sur la scène lui glisser quelques mots à l’esgourde, mais aussi quelque chose dans la poche…


Talent incontestable, styles variés, et excellente communication avec le public, l’efficacité scénique de ce brillant et prolifique chanteur ne comble pas pour autant à 100% son ami et frère d’arme Bobby Shaman (qui a fait le déplacement depuis Douala) : « C’était magnifique, je ne suis pas étonné en tout cas ; mais dans ma position on est obligé d’être exigeant, on s’attend à un peu mieux, mais voilà… Attention, je ne juge pas, je dis juste que pour l’expérience que j’ai et pour ce que j’ai déjà eu à voir, plein de choses sont à parfaire et que nous ne devons pas être de ceux-là qui balbutient ».


Dans tous les cas, ce symbole fort du mouvement reggae nous aura gratifié d’un merveilleux moment, tant il sait parler aux foules n’hésitant pas à fustiger son auditoire et à calmer les esprits surchauffés. Un chanteur  plutôt remuant mais de plus en plus incontournable, ce qui lui vaut très largement sa place de leader sur la scène reggae près d’une décennie. On  n’aura pas  vu le temps passer,  tant le show était prenant !


Sultan Oshiminh avait ainsi convié pour la première partie, Raifa, 1.9.8.5, Jaco, la belle et talentueuse Mballa, son protégé Shamir Sunshine, Djaomic et Cheny Rocksy.


Par Darysh Nehdi

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