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jeudi, décembre 8, 2022
On Djoss

AJAJO : « Je manage Petit pays »

Dans l’univers du hip hop du mboa, Ajajo fait parti des « incontournables » car il a été témoin et acteur des premiers vagissements du hip hop au Cameroun. Il a sorti Big Bzy de l’ombre pour la lumière de la gloire et a offert aux nombreux fans de hip hop les kamer groove avec ces concerts mémorables sur les berges du Wouri. Manager de la structure Ajajo Entertaiment, il est depuis un certain temps le manager de l’artiste Petit Pays. Un virage musical à 180° dont il nous donne les véritables raisons dans cet entretien exclusif.


Tu es manager de la structure Ajajo Entertainment, peux-tu la présenter à nos internautes ?
Ajajo entertainment est une structure qui a démarré ses activités en 1998, et dont l’objet principal consiste en la réalisation de projets relevant du monde de la musique, à savoir le management, la production, l’organisation d’évènements, et même le conseil aux personnes physiques, ainsi qu’aux entreprises.
 
A travers ta structure Ajajo Entertainment tu as initié le concept des spectacles kamer groove. Peux-tu nous présenter un plus en détail cet évènement ?
Les spectacles Kamer Groove constituaient un tremplin pour les artistes hip-hop du bled. Le but recherché consistait à offrir aux artistes hip-hop du pays, une plate-forme d’expression scénique qui soit professionnelle.
 
Mais depuis 2007 on a eu droit à aucun évènement produit par Ajajo. Que se passe t-il ?
Il se passe que les spectacles Kamer Groove sont prévus reprendre en 2010. Il y a eu une interruption du concept à un moment donné, parce que nous faisions face à une insuffisance de têtes d’affiche à programmer. Pour être tête d’affiche, cela suppose d’avoir un répertoire suffisant pour tenir la scène pendant au moins 45 minutes, d’avoir un spectacle monté, mais surtout bénéficier d’une notoriété certaine auprès du public hip-hop camerounais.
 
Depuis un certain temps selon certaines rumeurs tu t’es reconvertie dans le makossa en devenant manager de l’artiste Petit Pays. Pourquoi ce revirement ?
Je confirme être en charge du management de Petit Pays. Ce n’est pas une reconversion, car mon rôle de manager consiste à m’occuper du développement de carrière d’un artiste, quelque soit son style musical. Petit pays m’a fait l’honneur de solliciter ma collaboration, et j’y ai donné une suite favorable.
 
En 2004 ta structure annonçait Matt Houston en concert au Cameroun mais le jour de son arrivée tout est brusquement stoppé et l’artiste n’est plus venu. Que s’est-il réellement passé ?
Je suis dans l’incapacité de vous donner la raison de sa non venue. Le staff de l’artiste nous avait fait comprendre que l’artiste n’avait pu effectuer le déplacement pour cause de maladie. Ce que je peux dire, c’est que nous avions porté plainte, en son temps, auprès des tribunaux de Paris, et le tribunal de commerce a reconnu que Ajajo Entertainment n’était pas responsable de l’annulation du spectacle, condamnant ainsi l’artiste à l’origine de l’inexécution de la prestation.


Big Bzy a annoncé dans une interview qu’il nous a accordés, qu’il aurait quitté le label Ajajo, confirmes-tu ses propos ?
Big B-Zy est sous contrat de production avec le label Ajajo. Cependant, je vous confirme que Big B-Zy est dorénavant son propre manager.
 
Ce fait loin d’être anodin et bien d’autres concerts de stars internationale avortés (Kerry James, La Fouine, etc…) ne décrédibilisent-ils pas la destination Cameroun aux yeux des artistes et autres managers étrangers ?
Dans la mesure où, d’autres concerts annoncés ont pu avoir lieu, je ne vois aucune raison pour que la destination Cameroun ne soit pas crédible. Je pense qu’il y a des usages à respecter dans la production de spectacles. Et le non respect des engagements contractuels par l’une ou l’autre des parties ne peut conduire qu’à l’annulation d’un spectacle.
 
Le 26 avril 2008 l’on se souvient encore du fiasco du concert de Diams au Cameroun. Quelles sont les leçons à tirer de cet échec ?
Je ne sais pas s’il faut parler d’échec; est-ce parce que le concert n’a duré que le temps d’une chanson ? Le concert de Diams a fait le plein du public. Mais malheureusement la gestion de la sécurité n’a pas été à la hauteur, ce qui a conduit à l’interruption du show. Ce qu’il faudrait retenir de ce concert, c’est que aucun poste de l’organisation d’un spectacle ne doit être négligé, tous les intervenants se doivent d’être rigoureux, disciplinés et professionnels.
 
On constate aujourd’hui que les producteurs refusent toujours d’investir dans le rap. Comment à ton avis peut-on remédier à cette situation ?
Un producteur investit de l’argent. Et il s’attend à un retour sur investissement. Il ne fait pas du social. Le faible pouvoir d’achat de la population jeune et le manque de structures de distribution de disques, ne sont pas des facteurs motivants pour un producteur. Mais je pense qu’on peut remédier à cette situation en mettant sur pied un modèle économique basé sur une bonne utilisation des moyens de communication de notre temps, à savoir l’internet et la téléphonie mobile.
 
Dans quelques jours on assistera à la 3ème édition des Mboa Hip Hop Award, personnellement que penses-tu de cette initiative dans sa formule actuelle ?
Tout producteur d’awards est libre de déterminer les critères qui donnent droit à une distinction. Les Mboa Hip Hop Awards permettent au hip hop du bled d’avoir une visibilité en prime time sur la chaîne la plus regardée par les camerounais. Et je crois savoir que les initiateurs de ces awards souhaitent impliquer tous les acteurs du milieu hip-hop camerounais, afin de présenter au public le meilleur du hip hop du mboa. Et nous devons les aider dans ce  sens.
 
Quels sont les projets à venir d’Ajajo Entertainment ?
Trois projets principaux en 2010 : les Kamer Groove, l’organisation d’un festival de musique et la production d’une émission TV musicale.
 
Quels meilleurs souvenirs gardes-tu de ce milieu ? (personnes, évènement…)
Je pense que le travail abattu par les uns et les autres, a permis de faire accepter le hip hop du mboa, comme style musical à part entière dans le paysage musical camerounais. Et l’expertise de personnes issues du milieu du hip-hop est régulièrement sollicitée pour une meilleure réalisation des différents projets musicaux qui ont cours au Cameroun et ailleurs.

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