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mardi, juin 18, 2024
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Frannie : « Je prends un vrai plaisir à réaliser des clips… »

« J’ai 21 ans, je suis née au Cameroun. C’est à l’âge de 11 ans que je découvre la France, mais aussi ma passion pour la littérature, et ensuite, l’écriture. Durant toutes mes années de collège, j’ai dévoré des bouquins de Stephen King et je dois avouer que c’est en lisant ses livres que l’envie d’écrire m’est venue. J’ai tout de suite surpris mon entourage avec des histoires où les personnages étaient enfermés dans des caves sombres, un bras arraché, un œil crevé venu tout droit de l’au-delà. Ma réelle passion pour le cinéma a pris forme il y a quatre ans. Je me suis formée en observant d’autres travailler, en bouquinant tout ce que je trouvais en rapport avec les techniques du scénario et de l’image et en participant à des stages et ateliers liés au 7ème Art. Aujourd’hui, j’entame un Master en Digital Film à Londres après un cursus littéraire et une licence en communication. », C’est ainsi que se présentait, Françoise Ellong (Frannie pour les intimes) dans une interview accordée au site internet http://www.cinemafantastique.net. Scénariste et réalisatrice, elle a pas mal de projet pour le hip hop kamer.

Bonjour Frannie, en quelques mots peux-tu te présenter à nos internautes ?
Dans mon entourage tout le monde m’appelle Frannie. J’ai 22 ans, passionnée de cinéma d’abord, de sport ensuite (handball), puis de musique et danse.

Comment es tu arrivée dans le cinéma ?
J’ai commencé par l’écriture. Ma première histoire, je l’ai écrite à 11 ans alors au collège. 4 ans plus tard, jusqu’à mes 17ans, j’ai participé tous les ans au Concours du Jeune Ecrivain Francophone. C’est le jury qui m’a redirigé vers le cinéma, à l’écriture de scénarios plus particulièrement. Selon eux, j’avais une écriture trop en images, un amour incontesté pour les actions telles qu’elles se déroulaient. Je m’y suis donc très vite intéressée. Mon premier court-métrage, je l’ai réalisé en 2006. J’étais un peu perdue, et intimidée par tous ces gens qui eux maitrisaient déjà cet art. Heureusement pour moi, ma première assistante de l’époque, Lauren Lépine était très douée. Je me suis un peu reposée sur elle et j’en ai profité pour apprendre. L’astuce étant de ne surtout pas paraître ignorante. En tant que réalisatrice, je me devais de savoir de quoi je parlais et où j’allais. Je pense avoir été assez bonne comédienne pour le coup. J’ai adoré faire ça. Une réelle vocation était née pour moi. J’étais fascinée par le travail autour de la lumière, du son, la direction d’acteurs… Tout m’a passionné. Depuis, je n’ai jamais cessé de tourner.

Scénariste et réalisatrice, en quelques mots parle moi de ces deux métiers ?
En ce qui me concerne, j’ai toujours pensé que c’était deux métiers très différents. Un bon scénariste ne fait pas forcément un bon réalisateur et inversement. L’écriture d’un film est une étape très solitaire. Se retrouver seul face à sa feuille blanche à se demander qu’est-ce qu’on va bien pouvoir raconter. Les moments de doute durant cette étape sont fréquents et le plus dur est d’aller jusqu’au bout. En d’autres termes, pour écrire des scénarios, il faut vraiment aimer ça. Impossible de se forcer. L’imagination est pour moi, quelque chose de formidable. On ne peut pas tricher avec ça. On en a, ou on n’en a pas. Il faut une base pour pouvoir la développer grâce aux autres. Si cette base est inexistante, il vous sera toujours impossible de raconter une histoire convenablement.

L’amour pour la réalisation m’est venu plus tard. Aujourd’hui encore, je ne cesse d’apprendre. Certains disent très justement, que le jour où l’on aura l’impression d’avoir tout appris dans ce domaine, est le jour où l’on sera allongé dans notre cercueil. C’est assez glauque comme représentation, mais c’est pour dire à quel point on ne cesse jamais son apprentissage. Ce sont donc certes deux métiers différents, mais exercer les deux n’est pas impossible et peut même parfois s’avérer complémentaires.

Comment devenir réalisatrice et scénariste à seulement 22 ans ?
Je ne suis pas certaine d’avoir le mode d’emploi. Je suis juste tentée de dire qu’une passion, on se doit de la nourrir. C’est ce que j’essaie de faire. J’ai déjà un parcours, mais je reste néanmoins encore dans mes débuts. Mon parcours scolaire n’est absolument pas typique d’une personne qui veut faire du Cinéma. Mais j’ai su faire ça en parallèle, c’est-à-dire suivre des études littéraires, puis en communication sans une fois oublier que ce que je veux vraiment faire, c’est écrire des scénarios et réaliser des films. Mon temps libre, je ne l’ai donc pas passé à aller en boîte ou à plomber mon compte en banque pour me refaire une garde robe. Je me suis offerte des stages, des bouquins, j’ai en partie financé mes films etc…

Combien de scenarios as-tu écris ? Combien de films as-tu réalisé ?
Impossible de donner le chiffre exact de scénarios écrits. J’en ai tellement ! Cependant, les films réalisés sont au nombre de cinq sans compter spots et clips. Deux autres sont en préparation pour la fin de l’année. Je précise qu’il s’agit pour l’instant de courts-métrages. Il y a énormément de jeunes réalisateurs en France, leur nombre grandit tous les jours. C’est donc très difficile de réellement se faire une place et d’être reconnue en tant que « bon » réalisateur. Aujourd’hui, mon potentiel est apparent aux yeux de cette nouvelle génération. Il me faut gravir encore et encore les échelons jusqu’à l’épanouissement total.

Sur ton blog tu écris « C’est vrai qu’en décidant de tourner MISERIA à Saint-Denis, je n’ai que très peu mesurée l’ampleur du travail qui m’attendait….. ». Qu’est ce qui t’a poussé à faire ce film ?
La niak. Je finis toujours ce que je commence. Les difficultés ravivent toujours ma détermination à mener à bout un projet. J’ai sous estimé le danger d’aller tourner dans les rues de Saint-Denis en pleine nuit, alors que les riverains aimeraient bien dormir tranquille. Je n’ai aucune envie de stigmatiser ce quartier, car j’ai pris un réel plaisir à tourner dans cette ville. Elle m’a permis de nourrir l’ambiance de mon film, de filmer ce que j’avais visualisée. Au bout du compte, je n’ai tourné que 50% de ce que j’avais prévu, mais je l’assume complètement. Ca a été un vrai cauchemar du point de vue psychologique, avec toutes les mésaventures qui nous sont arrivées sur place. Ironie du sort, ce cauchemar allait de paire avec le thème de mon film. N’empêche que je ne souhaite quand même à personne les conditions de tournage que j’ai eu sur MISERIA…

D’où te vient le financement ?
D’organismes de financement, et beaucoup de l’Université Paris 8 où j’ai eu ma licence en communication. Ces organismes et le dispositif de ma fac, permettent à des jeunes de mener à bout leurs projets. Ces projets doivent avoir pour but une professionnalisation, d’être bien ficelés et surtout, avoir de grandes chances d’être finalisés. Souvent, vous n’avez que deux minutes pour défendre votre projet devant un jury parfois évasif. Faut aller à l’essentiel. Le dossier, ils l’ont déjà eu en main et savent de quoi vous allez leur parler. Le but est donc de leur développer un point crucial, où amener avec vous de nouveaux éléments qui les surprennent, leur donnent une envie supplémentaire de vous refiler leur argent.

Née au Cameroun, pays que tu quittes à l’âge de 10 ans pour la France, quel souvenir gardes-tu de ce pays ?
J’adore le Cameroun. Je l’ai quitté à l’âge de dix ans, mais je ne cesse de le vanter à mes amis ou aux gens avec qui je travaille dans le cinéma. Depuis peu, je les invite à venir y faire un tour, et certains aimeraient beaucoup tourner là bas. Je suis prête à les accueillir chez moi afin qu’ils atteignent leur but, bien évidemment. Si je dois résumer la relation qui me lie au Cameroun, je dirai « loin des yeux près du cœur ». Je suis quelqu’un de franche et d’assez directe, et je n’ai pas peur de dire à certaines personnes que si tout ce que j’apprends en France je me contente de le faire ici, autant que je reste française et ne prétende pas être Camerounaise aussi. Je suis toujours étonnée de voir des camerounais arriver en France, devenir médecin, avocat ou autre et ne jamais songer à faire des projets pour le Mboa ou d’y exercer un temps. J’ai des projets pour et au Cameroun. Tout ce que je souhaite, c’est arrivé à les mener à bien. L’ambition n’est pas signe d’arrogance. Ceux qui me diront « tu as 22 ans arrête ça », je leur répondrai volontiers « on en reparle bientôt ».

Ton dernier séjour au Mboa remonte à quand ?
Il y a deux ans. J’ai passé deux très bons mois avec les miens. Rien au monde ne vaut ces séjours là. Avant je passais mes vacances en Italie, en Allemagne, jusqu’au jour ou je me suis dit : je préfère travailler toute l’année et plomber un mois de salaire pour aller chez moi au moins une fois par an.

Tu réalises aussi des vidéogrammes hip hop…
Je réalise des clips oui. J’ai un amour infini pour la musique. J’adore danser et je prends un vrai plaisir à réaliser des clips. C’est très différents des fictions que je fais d’habitude, mais je m’amuse autant.

Tu as un projet dans ce sens pour les hip hop peurs du bled, de quoi s’agit-il exactement ?
Je suis de nature très superstitieuse, et je n’aime pas être vague dans ce que je dis ou fais. Le projet est en préparation. Lentement, mais sûrement dirons-nous. Pour ce projet lié à la Culture Hip Hop Kamer que je prépare, je m’efforce d’avoir le même procéder qu’avec mes films. Je m’explique : j’ai pour habitude de ne jamais dévoiler de quoi va parler un film, ni son casting avant que les dates de tournages ne soient fixées. Même lorsqu’elles le sont, la découverte se fait en salle. Pour ce projet précis, j’en dirai plus lorsque je l’aurai officiellement démarré. En entendant, je m’excuse d’avance d’être vague et vous assure que si tout va bien, kamerhiphop en sera le premier informé.

Comment trouves tu les vidéos hip hop kamer ?
Pleine de sincérité. Un vrai souci de bien faire, et un professionnalisme qui se dégage de plus en plus. Je ne me permettrai absolument pas de les juger, mais ma critique serait la suivante : pas besoin de beaucoup d’argent pour faire quelque chose de simple et propre. Tout est dans l’imagination, et dans une bonne utilisation du budget que l’on dispose. Le vrai problème des vidéos hip hop kamer n’est pas dans le fond, mais dans la forme. La qualité d’image. Je pense que les réalisateurs devraient être plus exigeants à ce niveau.

T’as des artistes avec lesquels tu aimerais bosser ? si oui les quels et pourquoi ?
Oui ! Il y en a énormément. Je pense d’abord à BIG BZY, chose évidente pour moi. C’est la famille et j’adore sa musique. J’admire beaucoup JAY’N qui à mon sens a apporté un renouveau à la palette musicale camerounaise. J’écoute toute sorte de musique, et le rock est dans ma playlist personnelle.  HABIB fait également partie des artistes avec lesquels j’aimerais bosser. C’est quelqu’un d’humainement formidable, et sa musique me parle. Je dirai aussi KROTAL ou encore FRANKY P pour leurs personnalités et leurs styles. J’aimerai beaucoup rencontrer GA-L, 20 CENT, LADY B, BOUDOR que je trouve très drôle, BASHIRU, DUC-Z, BIG YANN, TALL X MAN pour ne citer qu’eux. Je leur tire vraiment mon chapeau. J’ai un projet vidéo que je réserve également aux membres du Groupe ECLESIAST 98, formé de mon cousin (Charly P) et de mes amis d’enfance. J’avais des projets plus personnels avec Eclésiast lui-même, et son décès a été un vrai coup de massue pour moi. Paix à son âme. Je garde précieusement toutes les vidéos que j’ai faites de lui durant mon séjour au Mboa, et il est officiellement celui (ainsi que le groupe) qui m’a inspiré le gros projet que je prépare actuellement pour le Cameroun.

Quelques contacts utiles ? (les liens de tes blogs, les clips que t’as eu à réaliser…), ton adresse mail
Mail : fanny462001@yahoo.fr
Facebook : Françoise Ellong
Myspace : http://www.myspace.com/lovelyfrannie

Rien d’oublier ?
Je serais certainement au Cameroun au mois de Juillet pour un mois. Je pense que ce serait une occasion de réaliser quelques clips pour ceux que ça intéresse. Je dois néanmoins préciser une chose : tous les projets doivent avoir un budget. Peu importe son montant, car je m’adapte à tout. Mais il en faut un.

Ton mot de la fin ?
Merci à Kamerhiphop grâce à qui je nourris tous les jours mes connaissances du Hip Hop Kamer. Un grand BRAVO à l’équipe derrière cette belle initiative.

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