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dimanche, décembre 4, 2022
On Djoss

Dj Bilik : « je reviens en force avec l’événementiel et je viens faire la différence… »

DJ Bilik fait partie des pionniers du mouvement Hip hop au Cameroun et par lui sont passés d’autres noms qui aujourd’hui sont présentés comme des modèles.
C’est un entretien sans tabou que nous a accordé l’artiste-producteur-directeur de label, DJ Bilik à son domicile. Vérités sur le hip hop kamer entre critiques et non dit sur Tony Nobody et les Mboa Hip Hop Awards, le non lieu du projet personnel de l’artiste Tanguy du groupe Sumanja, les multiples concerts et la nouvelle orientation que prend Zomloa Recorddz, vous ne risquez pas vous ennuyer dans les prochaines minutes. Bonne lecture à en tous cas.


Bonjour DJ Bilik et merci de nous recevoir à ton domicile…
Bonjour à toute la grande équipe de culturebene, merci d’être venu me rendre visite, il faut dire que ce n’est pas toujours le cas (rire).


Comment se porte le Zomloa Recordz, ou plutôt, c’est quoi l’actualité car depuis un certain temps on n’entend plus parler…
Ecoute, si les gens n’entendent plus parler du Zomloa, ce qu’ils ne veulent pas entendre c’est tout. Zomloa est toujours d’actualité ; avoir sorti deux albums coup sur coup en 2011, celui de Sumanja et celui de 1.9.8.5. C’est le seul label en tout cas qui réussi cet exploit ces derniers temps. Hormis ça, il y a eu pas mal de scènes au cours de l’année 2012 dans les différentes villes du pays dont la récente était aux couleurs urbaines à Douala.


Parlant de scènes, vous préparez un spectacle du côté du Goethe Institut pour le 06 février prochain, que peut-on savoir de plus ?
Evidemment, ça fait pratiquement 6 mois que nous négocions avec le Goethe Institut pour ce Zomloa Show, finalement nous avons eu l’accord de l’ambassade d’Allemagne, donc le zomloa offrira un spectacle le 06 février 2013 à l’Institut Goethe.


Parles-nous de ce zomloa show, y a-t-il avec le zomloa Annual show ?
En fait j’ai décidé de me lancer dans l’événementiel car j’estime avoir fait le gros travail en matière de production d’albums et de recherche de talents. Alors j’ai initié une série de zomloa show pour aboutir à un Annual show qu’on avait l’habitude d’organiser au CCF de Yaoundé et au centre culturel Terre Battue où vous étiez partenaires d’ailleurs. On est parti sur le coup d’un spectacle mais on va continuer par la suite avec des ateliers que nous tiendrons de ce côté-là. C’est bien de faire un truc d’ensemble car l’individualité à un moment donné ça nous limite un peu dans un certain nombre de chose. On avait pareil avec le hip hop mobile de Berlin en 1996.


Qui sont les autres artistes invités et pourquoi eux précisément ?
C’est le zomloa show, mais j’ai voulu mettre en avant aussi quelques jeunes dont j’apprécie le talent et qui feront la première partie. Vous aurez en dehors des têtes d’affiches que sont Sumanja, 1.9.8.5 et moi, d’autres jeunes comme 5-Thez qui est au label depuis un certain temps, vous avez Mango Nnam du groupe Elokk qui est un ancien de zomloa et qui jouera en solo, vous avez Adrex qui est une jeune rappeuse très prometteuse, Tity P qui est un jeune de mon quartier qui a beaucoup grandit et fait des bonnes choses, sans oublier Habib du Bled qui sera de la partie.


Lors des derniers Mboa Hip hop Awards on a remarqué pendant la prestation  du Sumanja que Tanguy a été remplacé par 5-Thez, ce qui a suscité pas mal de commentaires ; que se passe-t-il au sein de ce groupe ?
Disons que Tanguy a eu un empêchement et nous dans notre logique le Sumanja c’est trois personnes, trois esprits, c’est une trilogie ; alors en dernier ressort on a été obligé de le remplacer avec  5-Thez qui est aussi chanteur. C’était un show télé et nous nous devions de respecter un certain nombre d’engagements vis-à-vis des téléspectateurs, c’est tout. Vous savez, les groupes au Cameroun ont des problèmes et la plupart ne mettent pas long, et dans ma politique je tiens à maintenir ce groupe. Donc il n’y a pas de problème de ce côté-là, la preuve, vous avez bien vu les trois réunis lors du festival couleurs urbaines.


Oui, mais sur l’affiche du Goethe Institut Tanguy n’y est pas…
S’il n’y est pas ce n’est pas parce qu’il y a un problème, vous savez c’est le zomloa show, donc on aurait bien pu mettre ma photo ou celle du logo, ou celle de 1.9.8.5, ce n’est pas un concert de Sumanja en tout cas, c’est un concert du zomloa et c’est le Goethe institut qui a fait le choix de la conception de l’affiche. D’autres affiches arrivent et il y aura la tête de tout le monde.


Et que pense le zomloa de l’album solo de Tanguy ? Sera-t-il signé zomloa Recordz ?
Non, je ne suis pas producteur de cet album et je dirais que chaque artiste est libre de faire ce qu’il veut…


Tanguy est sous contrat avec Zomloa…
L’artiste Tanguy n’est pas sous contrat avec zomloa, mais le groupe sumanja l’est. Mais pour revenir à ce fameux album, je disais tantôt qu’il y a au Cameroun une certaine mentalité ou une sorte d’égo qui rode dans l’esprit de certains artistes dans les groupes ; beaucoup ne l’ont sans doute pas compris, mais moi je ne prône pas les albums, je prône les carrières. Je vous donne quelques exemples, prenez des groupes comme Kassav, X-Maleya, Magic System, ils sont là depuis des années malgré les problèmes qu’ils peuvent traverser. Je travaille avec ces jeunes depuis pas mal d’années et dés que les choses commencent à aller, il y a des gens qui les tournent autour pour leurs donner des conseils et détourner leur esprit. L’album de Tanguy, moi je le dis n’a pas lieu d’être, parce qu’avec le Sumanja nous avons sorti un album fort et il est question de le promouvoir. Donc à partir du moment où vous êtes signé dans un label et que vous avez un engagement moral et physique également, avec tout ce que je fais pour eux c’est-à-dire, je les ai placé à un niveau haut de production et eux-mêmes ont bénéficié de cet argent. Du jour au lendemain j’apprends que Tanguy peaufine son album ; je n’ai rien compris. Je le lui ai dit, on ne peut pas sortir un projet sur un projet ; il faut d’abord soutenir celui de l’ensemble. Tanguy a accepté que quelqu’un vienne de l’extérieur, en plus un ami que j’avais présenté, le convainc de sortir un album solo en douce… je ne trouve pas ça professionnel du tout. Je sais qu’il y a beaucoup d’amis et d’ennemis qui souhaitent la destruction de Sumanja et de mon label.


Tu confirmes qu’il sera au zomloa show du 06 fevrier prochain…
Il sera bel et bien là car il fait partie du Sumanja, il n’y a pas de problème. Ces gars lui font confiance, ils lui ont juste dit « tu peux faire ton album solo, mais ne gâte pas notre business, sinon ce n’est pas sur que nous allons accorder la bénédiction à ton album ».


Entant qu’ancien du mouvement, un mot sur le Mboa Hip hop Awards ?
C’est un mouvement que nous soutenons depuis 6 ans déjà. Je me rappelle qu’a ses débuts quand Tony Nobody est arrivé à Yaoundé il nous a rassemblé, nous les premiers et nous a dit « les gars j’ai besoin de votre soutien pour mon émission Mboa ». On a tous adhéré, on a même financé parce que ses voyages, sa nutrition, son hébergement, quand il venait tourner avec nous. Mboa Awards est arrivé, mais c’est à la base les CAMERHHA, un concept de Hervé Ndjag que Tony Nobody a repris, et on a soutenu parce que c’est un frère  dans le hip hop, en plus il avait une émission qui mettait cet art en avant, alors on n’a pas hésité… seulement trois ans plutard quand il a commencé à avoir de gros sponsors il ne faisait plus appel à nous, il s’est tourné vers d’autres, mais plus vers ceux qui  l’ont soutenu au départ donc Zomloa Recordz. Et personnellement, je trouve qu’aujourd’hui cet événement n’a pas trop aidé les artistes. Ce qui est malheureux c’est cette effigie de Tony Nobody, son image à lui qu’il remet comme trophée aux artistes et qu’ils vont poser dans leur salon ou dans leur chambre. Donc pour dire qu’il s’est approprié le hip hop camerounais.


Depuis l’étalage du flop de cet événement, si l’on s’en tient aux dires de certains des lettres fusent de part et d’autres ; celle dont Tony Nobody est l’auteur t’a indexé… comment as-tu réagit ?
Déjà je souhaite rappeler que mes artistes (Sumanja) ont presté lors de ce rendez-vous et à la veille, Tony et moi avions échangé au téléphone et il m’avait assuré que mes artistes seront bien traités. Mais inviter des gens et les faire dormir à la belle étoile et tout, franchement ce n’est pas bien, et ce n’est pas la première fois que cet événement a des ratés. Par la suite j’apprends qu’il a publié une lettre dans laquelle il a cité un certain nombre de personnalités du hip hop camerounais, mais je me suis demandé pourquoi car c’est nous qui devrions lui demander des explications. J’ai été obligé de lui répondre de façon claire, pratique et biblique. Et je lui ai dit que c’est des actes qui ne font pas notre réputation, on n’a pas besoin de dire qu’on est X ou Y. et puis quand on organise un événement comme les Mboa Hip Hop Awards, il est national et non de « Monsieur Hip Hop Camerounais ». Il a proféré des menaces, mais je lui ai dit, Tony tu es un frère, on fait des choses depuis pas mal d’années mais idéologiquement ça ne donne plus, c’est tout.


En conclusion…
Pour 2013, ce que je voudrai dire à tous les fans de zomloa et à tous nos détracteurs, c’est que je reviens en force avec l’événementiel  et on va faire quelque chose de grandiose, en un mot on vient faire la différence. Nous espérons que Dieu nous soutiendra dans ce sens, à l’instar de BRANHAM qui est mon père. Que les artistes puissent gagner assez d’argent dans les shows car leur bureau, c’est les scènes. J’invite aussi les confrères à mener des projets communs pour faire avancer le mouvement et ne plus compter sur les sponsors car ils ont montré leur limite et nous exploitent avec exagération.

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